30 images incroyables qui nous plongent dans la France d’il y a 150 ans
Mémoire d’une France disparue
Sacres royaux, révoltes populaires, empires éphémères et républiques naissantes… La France connaît de profonds bouleversements tout au long du XIXe siècle. Au milieu de ces changements surgit un art innovant : la photographie. Inventée dans l’Hexagone, elle offre un moyen unique de capturer un siècle en pleine mutation.
Découvrez à travers ces images la France du XIXe siècle comme vous ne l’avez jamais vue...
Adaptation française par Aurélie Blain et Noémie Bastide
1826 : la première photographie au monde
Si le grand public ne découvre la photographie qu’à la fin des années 1830, Joseph Nicéphore Niépce a déjà réussi à capturer la toute première image plus d’une décennie auparavant. Depuis la fenêtre de son atelier, il capture une vue floue : des dépendances, quelques arbres et le paysage qui s’étend au loin.
Sa création suit un processus laborieux : l’ingénieur place une plaque d’étain poli, recouverte de bitume de Judée, à l’intérieur d’une camera obscura, puis l’expose à la lumière pendant plusieurs heures.
Il la rince ensuite avec un mélange d’huile de lavande et de pétrole blanc afin de dissoudre le bitume resté soluble pour faire apparaître une image positive directe.
1838 : la première personne photographiée
Un cireur de chaussures et son client installés sur le boulevard du Temple à Paris sont les toutes premières personnes à apparaître sur une photographie. C’est Louis Daguerre qui obtient cette image grâce à un procédé qui portera son nom : le daguerréotype.
Cette technique permet de créer une image unique et détaillée sur une plaque de cuivre recouverte d’argent sans avoir recours à un négatif. Le temps d’exposition qui varie de trois à quinze minutes empêche l’enregistrement des objets ou personnes en mouvement.
Ici, seuls le cireur de chaussures et son client, restés immobiles le temps de l’exposition, apparaissent nettement sur l’image. Sans le savoir, ils sont entrés dans l’histoire de la photographie.
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Années 1840 : Louis-Philippe, roi des Français
Brièvement restaurée après les tourments de la Révolution et de l’Empire, la monarchie vacille de nouveau sous Charles X, dont le règne répressif mène à sa chute en 1830, lors de la Révolution de Juillet.
C’est son cousin, Louis-Philippe, ancien partisan de la Révolution française avant son exil, qui lui succède. Il prend alors le titre de « roi des Français » plutôt que « roi de France », marquant une évolution vers une monarchie constitutionnelle.
S’il promet d’abord un régime libéral, son règne est rapidement marqué par des révoltes ouvrières, des tentatives d’assassinat et une contestation grandissante. Devenu de plus en plus autoritaire, il finit par s’aliéner aussi bien les républicains que les monarchistes. En 1848, en pleine révolution, il est contraint d’abdiquer avant de s’exiler en Angleterre, signant ainsi la fin de la monarchie en France.
Années 1850 : Napoléon III
Charles-Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, partageait les mêmes rêves de grandeur impériale. Après plusieurs tentatives avortées de s’emparer du pouvoir, il profite de la chute de Louis-Philippe en 1848 pour s’imposer sur la scène politique. En jouant habilement sur l’héritage de son oncle et en se positionnant comme une figure rassembleuse, il est élu président de la Deuxième République la même année.
Mais lorsque la Constitution l’empêche de briguer un second mandat en 1851, il organise un coup d’État. Un an plus tard, un plébiscite validé par référendum lui permet de se couronner empereur sous le nom de Napoléon III, donnant naissance au Second Empire.
1854 : le village de Murols
Sur cette photographie saisissante, on découvre de modestes maisons aux toits de chaume dans le village de Murols, dans l’Aveyron. Ces habitations rudimentaires témoignent des conditions de vie simples, voire austères, dans la France rurale du milieu du XIXe siècle.
Édouard Baldus s’est tourné vers la photographie au début des années 1850 après une carrière peu concluante dans la peinture. Il s’est vite imposé sur la scène internationale, recevant d’importantes commandes publiques et industrielles. Ses clichés comptent aujourd’hui parmi les premiers chefs-d’œuvre de cette nouvelle forme d’expression.
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1856 : Avignon inondée
En mai et juin 1856, des pluies incessantes provoquent la crue de plusieurs grands fleuves français, causant d’importants dégâts à travers le pays.
Maisons, églises et ponts sont emportés, le bétail meurt noyé et des voies ferrées sont ravagées. Parmi les zones les plus durement touchées, la vallée du Rhône : à Lyon et à Avignon, des quartiers entiers sont submergés par les eaux.
Missionné par le gouvernement pour documenter la catastrophe, Édouard Baldus se rend sur place et réalise une série de clichés spectaculaires. Cette photographie intègre un panorama en six volets de plus de deux mètres de long, pris depuis la terrasse de la cathédrale d’Avignon.
1856: Le Havre
L’histoire du Havre est indissociable de son port, l’un des plus importants de l’Hexagone. Centre névralgique du commerce aux XVIIIe et XIXe siècles, il était également le principal point d’embarquement des émigrants en partance pour le Nouveau Monde.
Cette photographie réalisée par Gustave Le Gray, maître de la photographie française des années 1850, capture le port à son apogée.
Des décennies plus tard, Le Havre inspire la ville fictive de Bouville, décor du roman existentialiste La Nausée (1938) de Jean-Paul Sartre, avant d’être presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Reconstruite par l’architecte Auguste Perret dans un style moderniste, la ville d’aujourd’hui ne ressemble en rien au pittoresque port d’antan.
1856 : le traité de Paris
Lors de la guerre de Crimée (1853-1856), la France s’allie au Royaume-Uni et à l’Empire ottoman contre la Russie, ce qui permet à Napoléon III de concrétiser l’un de ses objectifs majeurs : une alliance franco-britannique visant à freiner l’expansion russe en Méditerranée.
Après deux ans d’un conflit sanglant qui aura coûté la vie à quelque 500 000 soldats, les représentants des nations impliquées se réunissent au Congrès de Paris en février 1856 pour négocier un traité de paix. Le 30 mars, le traité de Paris est signé. Cette photographie immortalise les ministres des pays engagés, réunis pour ces négociations historiques.
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Vers 1861 : Marseille
Lorsque Édouard Baldus capture cette vue du Vieux-Port de Marseille en 1861, la ville s’affirme comme un carrefour commercial majeur en Méditerranée.
Le développement des échanges avec les colonies françaises, le recul de la piraterie qui a sévi entre 1815 et 1830, puis la conquête de l’Algérie en 1830 contribuent à sécuriser les routes maritimes et à stimuler l’essor du port de Marseille.
L’ouverture du canal de Suez en 1869 renforce encore cette dynamique et confirme la position centrale de Marseille dans les liaisons maritimes entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
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1861 : gare et tunnel ferroviaires, Vienne
Cette vue de la gare de Vienne et du tunnel qui y mène fait partie d’une série de photographies réalisées par Édouard Baldus pour la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée. Elle documente le tracé reliant Lyon à Toulon.
Le réseau ferroviaire français se développe rapidement après l’inauguration de sa première ligne de voyageurs en 1837, qui reliait Paris au Pecq.
Dans les années 1850, six grandes compagnies dominent le réseau : la Compagnie de l’Est, la Compagnie du Nord, la Compagnie de l’Ouest, la Compagnie du Paris-Orléans (PO, qui s’étend en réalité jusqu’à Bordeaux), la Compagnie du Midi (couvrant le grand sud) et la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), qui relie Paris à la côte méditerranéenne.
1862 : les catacombes de Paris
Les catacombes de Paris sont aménagées à la fin du XVIIIe siècle, alors que la saturation des cimetières pousse les autorités à transférer des millions d’ossements dans d’anciennes carrières de calcaire situées sous la ville.
Les premiers grands transferts débutent en 1786 et le site ouvre dès 1809 aux visiteurs sur rendez-vous, pour d’étranges visites à la lueur des torches.
Elles restent toutefois largement méconnues du grand public jusqu’aux années 1860, lorsque Félix Nadar, pionnier de la photographie, parvient à capturer les premières images souterraines des catacombes. Grâce à une nouvelle technologie d’éclairage artificiel, il parvient à illuminer ces tunnels plongés dans l’obscurité totale, produisant des images qui ont contribué à faire des Catacombes un site touristique majeur.
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Vers 1864 : Sarah Bernhardt
Saisi par Félix Nadar, le « photographe des célébrités », ce portrait montre une Sarah Bernhardt alors âgée d’environ 20 ans et encore inconnue du grand public. Elle deviendra pourtant la plus grande actrice française du XIXe siècle et accédera à une renommée mondiale sans précédent.
L’actrice interprète les plus grands rôles du répertoire de Dumas, Molière et Shakespeare. Elle est l’une des premières femmes à incarner Hamlet dans le rôle-titre et joue la reine Élisabeth dans l’un des tout premiers longs métrages de cinéma.
Sarah Bernhardt aurait également inspiré Marcel Proust pour le personnage de La Berma dans À la recherche du temps perdu.
1870 : Hôpital prussien au château de Versailles pendant la guerre franco-allemande
La guerre franco-allemande (1870-1871) a d’immenses répercussions en Europe : elle provoque la chute du Second Empire et consacre l’Allemagne comme puissance continentale dominante après son unification sous l’égide de la Prusse.
Les troupes prussiennes atteignent Paris le 19 septembre 1870 et y entament un siège de quatre mois, qui prend fin avec la reddition de la ville le 28 janvier 1871. Durant l’occupation, le palais de Versailles est réquisitionné et sa somptueuse galerie des Glaces est transformée en hôpital militaire pour soigner les soldats prussiens blessés.
1870 : L’armée prussienne au château fort de Sedan le jour de la capitulation française
Le 1er septembre 1870, la bataille de Sedan change le cours de la guerre franco-allemande. En une seule journée, 17 000 soldats français sont tués ou blessés, fauchés par la redoutable artillerie prussienne. Napoléon III n’a d’autre choix que de capituler. Il est fait prisonnier, avec 103 000 de ses hommes.
Cette défaite humiliante met un terme brutal à la dynastie Bonaparte. Lorsque la nouvelle parvient à Paris, une insurrection populaire renverse le gouvernement impérial et proclame la Troisième République.
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1871 : Les Champs-Élysées en ruines après le siège de Paris
Malgré la capitulation de Napoléon III, le nouveau gouvernement refuse d’accepter les conditions prussiennes, prolongeant ainsi la guerre de quatre mois supplémentaires. Paris est assiégée, et en janvier 1871, les bombardements atteignent leur paroxysme. Entre 300 et 400 obus s’abattent chaque jour sur la ville.
Si les pertes humaines sont relativement faibles, les ravages psychologiques et la famine n’en sont pas moins dévastateurs. La plupart des destructions touchent les quartiers populaires de l’est de la capitale. Le centre de Paris subit quant à lui des dégâts conséquents quelques mois plus tard, lors de l’insurrection de la Commune en mai 1871.
1871 : les ruines du palais des Tuileries, Paris
Après la défaite de la France, la colère gronde dans la capitale : des milliers de Parisiens issus de la classe ouvrière se soulèvent contre le gouvernement à tendance royaliste, qui s’est replié à Versailles.
Le 18 mars 1871, ils proclament l’indépendance de la Commune de Paris, aspirant à un gouvernement radical, socialiste et démocratique en opposition au régime national.
Pendant 72 jours, Paris vit au rythme de la Commune, entre érections de barricades, exécutions d’otages et incendies d’édifices majeurs comme l’Hôtel de ville ou les Tuileries. L’Hôtel de ville sera ultérieurement reconstruit, mais le palais des Tuileries demeurera en ruines jusqu'à sa démolition en 1883.
1871 : Hortense David, communarde
La Commune s’achève dans un bain de sang, réprimée avec une brutalité sans précédent. Environ 20 000 communards et 750 soldats du gouvernement perdent la vie lors de la Semaine sanglante. À terme, plus de 38 000 personnes seront arrêtées et plus de 7 000 seront déportées.
Les femmes ont joué un rôle essentiel dans l’insurrection, tant comme combattantes que comme militantes.
Certaines ont été accusées d’être des « pétroleuses », prétendument responsables d’incendies criminels lors des derniers jours de la Commune. Cependant, les preuves d’une implication massive des femmes dans ces incendies restent discutées, beaucoup d’accusations ayant sans doute été exagérées pour légitimer la sévérité de la répression.
Un photographe portraitiste parisien a immortalisé cette communarde, dans une prison de fortune à Versailles.
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1878 : Exposition universelle, Paris
Avec la fin de la guerre franco-allemande s’ouvre une période de relative prospérité et d’optimisme en Europe, connue par la suite sous le nom de Belle Époque.
La France, en particulier, est impatiente de célébrer son renouveau avec l’organisation de la plus grande Exposition universelle jamais tenue.
Sur 185 hectares, l’Exposition universelle de 1878 dévoile au public des créations artistiques, des prouesses architecturales et des avancées technologiques du monde entier. Parmi ses attractions phares figurent le téléphone d’Alexander Graham Bell, le phonographe d’Edison et la tête achevée de la statue de la Liberté.
1886 : Café de la Paix, Paris
Le Café de la Paix incarne à lui seul l’optimisme, l’abondance et le renouveau culturel qui caractérisent la Belle Époque.
Situé sur la place de l’Opéra, au cœur des Grands Boulevards transformés par le baron Haussmann, cet établissement prestigieux ouvre ses portes en 1862. Son somptueux décor de style Napoléon III accueille alors certaines des figures les plus emblématiques de l’époque.
Parmi ses illustres clients figurent Victor Hugo, Guy de Maupassant, Émile Zola, Oscar Wilde ou encore Arthur Conan Doyle.
1888 : la tour Eiffel en construction, Paris
Il semble aujourd’hui inconcevable d’imaginer Paris sans la tour Eiffel, son monument le plus emblématique. Mais il est encore plus étrange de la voir en cours de construction, comme sur cette photographie capturée en 1888, alors qu’elle n’est pas encore achevée.
Pièce maîtresse de l’Exposition universelle de 1889, qui coïncide avec le centenaire de la Révolution française, la tour devient alors la plus haute structure de Paris et, pendant plusieurs années, la plus haute du monde.
Merveille d’ingénierie de précision, sa construction nécessitera 7 300 tonnes de fer, 18 000 pièces métalliques et 2,5 millions de rivets.
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Années 1890 : un café en Normandie
Grâce à ses stations balnéaires pleines de charme, la Normandie devient une destination très en vogue au XIXe siècle.
Elle attire aussi les peintres impressionnistes, sensibles à sa lumière singulière, à ses paysages et à son atmosphère pittoresque.
Mais pour la plupart des habitants de la région, la vie suit son cours, comme en témoigne cette photo d’un couple entouré de linge en train de sécher devant leur café.
Années 1890 : des faucheurs dans la Somme
Ces faucheurs, photographiés dans la Somme pendant qu’ils récoltent péniblement les cultures à la main, illustrent la dureté de la vie paysanne.
Le photographe Eugène Atget, principalement connu pour ses scènes de rue parisiennes, est à l’origine de cette image.
Son approche unique de la composition lui vaudra d’être reconnu comme un précurseur du surréalisme et de la photographie d’art moderne.
1890 : Toulouse-Lautrec peignant La Danse au Moulin Rouge
Les peintures, estampes et affiches d’Henri de Toulouse-Lautrec, qui capturent à merveille l’ambiance bohème des cafés, cabarets et maisons closes fréquentés par la communauté artistique, comptent parmi les témoignages les plus emblématiques et évocateurs du Paris de la Belle Époque.
On le voit ici dans son atelier de Montmartre, travaillant sur La Danse au Moulin Rouge (1890), l’une de ses premières représentations du célèbre cabaret parisien, qui venait alors d’ouvrir ses portes.
Il le peindra à de nombreuses reprises, immortalisant ses danseuses et clients hauts en couleur. Quant à ce tableau, il fut acheté par les propriétaires et accroché au-dessus du bar.
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1895 : accident ferroviaire à la gare Montparnasse, Paris
Voici l’une des catastrophes ferroviaires les plus célèbres de l’histoire : elle s’est produite le 22 octobre 1895, lorsque l’Express Granville-Paris a traversé la façade de la gare Montparnasse avant de s’écraser dans la rue en contrebas. Le train avait du retard, et pour le rattraper, le conducteur est entré en gare trop rapidement.
Malheureusement, les freins à air du train étaient défectueux et celui-ci a dépassé la butée d’arrêt à la vitesse de 40 km/h. Par miracle, tous les passagers ont survécu, mais un vendeur de journaux a été tué par la chute de débris. Les photos spectaculaires de l’accident figurent parmi les plus marquantes de l’histoire des transports.
1895 : devant Le Bon Marché, Paris
Le Bon Marché est le tout premier grand magasin de Paris. La foule s’y rue, attirée par ses pratiques commerciales révolutionnaires : prix fixes, livraison à domicile, échanges, vente par correspondance et soldes, des concepts totalement inédits à l’époque.
Imaginé par Aristide Boucicaut, ancien marchand de tissus qui a l’idée de créer un nouveau type de magasin offrant un vaste choix aux clients, Le Bon Marché n’est d’abord qu’une petite boutique de nouveautés à l’angle de la rue du Bac et de la rue de Sèvres. Son succès est tel qu’en 1888, le magasin occupe tout un pâté de maisons.
1898 : des musiciens de rue, Paris
Cette photographie saisissante de musiciens dans une rue parisienne est l’œuvre d’Eugène Atget. Il l’a capturée peu après le début de son vaste projet de documentation du « Vieux Paris ». La disparition de nombreux bâtiments anciens, liée à la modernisation de la ville sous le baron Haussmann dans les années 1850, influence alors son travail.
Le photographe s’attache à capturer le caractère et les détails des quartiers encore préservés du faste de la Belle Époque. Ce faisant, il réalise certaines des images les plus originales et emblématiques de son époque.
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1899 : des enfants qui assistent à un spectacle de Guignol, Jardin du Luxembourg, Paris
Créé à Lyon par le marionnettiste Laurent Mourget au début du XIXe siècle, Guignol devient une figure incontournable de la culture française, captivant encore aujourd’hui petits et grands, deux siècles après sa naissance.
S’inspirant de la culture ouvrière de sa ville natale, Laurent Mourget donne naissance à tout un univers de personnages, dont Gnafron (l’ami de Guignol), Madelon (sa femme) et Flageolet (le gendarme).
À Paris, on trouve des théâtres permanents dédiés à Guignol depuis le XIXe siècle, comme celui immortalisé ici par Eugène Atget dans le jardin du Luxembourg.
1899 : le procès d’Alfred Dreyfus, Rennes
L’affaire Dreyfus, l’une des plus célèbres erreurs judiciaires de l’histoire, a profondément divisé l’opinion publique française en son temps. Depuis, elle est devenue le symbole de l’injustice et de l’antisémitisme dissimulés sous le vernis de la société respectable.
En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier d’artillerie juif, est injustement accusé d’avoir transmis des secrets militaires français aux Allemands.
Lorsque le véritable coupable, un commandant de l’armée française, est identifié, des officiers hauts gradés fabriquent de fausses preuves afin de maintenir la condamnation de Dreyfus.
Un second conseil de guerre, en 1899, le déclare de nouveau coupable, mais le président français Émile Loubet le gracie pour calmer l’indignation publique. Il faudra attendre 1906, après des années de luttes et de pression populaire, pour qu’Alfred Dreyfus soit pleinement réhabilité.
1899 : Claude Monet dans son jardin à Giverny
Le jardin de la maison de Claude Monet à Giverny sera pendant plus de 40 ans la plus grande source d’inspiration du maître de l'impressionnisme.
Son célèbre pont japonais et son bassin aux nénuphars deviennent alors les sujets de certaines des toiles les plus célèbres de l’artiste.
Ayant fait l’acquisition de cette maison en 1883, Monet se lance rapidement dans l’aménagement du terrain, employant une véritable petite armée de jardiniers pour façonner un décor naturel somptueux, regorgeant de couleurs, de jeux de lumière et de reflets.
Au total, il peindra son bassin aux nénuphars plus de 250 fois. Plus tard, il déclarera : « Mon plus grand chef-d’œuvre, c’est mon jardin ».
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1900 : l’Exposition universelle de Paris
Le XIXe siècle s’achève en apothéose avec l’Exposition universelle de 1900, la plus grandiose jamais organisée à Paris. L’évènement, qui célèbre alors un siècle d’innovations et offre aux visiteurs un aperçu des merveilles du futur, laissera un héritage durable avec la construction du Grand Palais et du Petit Palais. À cette occasion, la tour Eiffel est repeinte en jaune et équipée de 7 000 lampes électriques.
Parmi les nombreuses inventions présentées lors de l’Exposition figurent les premiers escalators, des moteurs diesel, les films parlants et même une voiture électrique. Le spectaculaire palais de l’Électricité (en photo) est l’une des attractions majeures de l’évènement : entièrement illuminé par des milliers d’ampoules électriques, il projette une lumière éclatante sur le monde à venir.
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