Au-delà de la tour Eiffel, du Mont-Saint-Michel et des grottes de Lascaux, la France regorge de trésors cachés. Jardins verdoyants, merveilles naturelles, musées confidentiels... Dans son ouvrage 100 lieux pour découvrir la France, l’historien Franck Ferrand met en lumière des lieux fascinants dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler.
Envie de sortir des sentiers battus ? Découvrez des destinations incroyables qui ne sont pas (encore) envahies par la foule...
Adaptation française par Laëtitia Lord
Le duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe et héritier des derniers princes de Condé, a consacré sa vie à reconstituer un héritage singulier. Il parcourait l’Europe à la recherche d’œuvres d’art ayant appartenu à ses ancêtres, mais perdues au cours de la Révolution française.
C’est ainsi qu’il est devenu l’un des plus grands collectionneurs de son époque. Il a également fait reconstruire le somptueux château de Condé à Chantilly pour y installer ces trésors, posant ainsi les bases d’un musée remarquable, dont la collection est la deuxième de France après celle du Louvre.
Après s’être perdus dans ses vastes jardins, les visiteurs découvrent un château aux intérieurs raffinés, où flâne encore le fantôme de nombreux personnages historiques : Marie-Antoinette, Louis XVI ou encore le prince de Galles et futur roi Édouard VII, pour n’en citer que quelques-uns.
Dans chaque salle, des figures de cire, façonnées par les artistes du musée Grévin, nous replongent dans les grands épisodes de l’histoire de France, où la famille de Breteuil a joué un rôle majeur. Mais ce château est surtout l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de génie civil d’Île-de-France.
Peu importe le nombre de fois où l’on franchit la porte du musée Gustave Moreau, l’émerveillement de la première découverte ne faiblit jamais. Conçues par l’artiste lui-même, les pièces de cette maison transformée en musée surprennent par leur ampleur.
Aux murs, de vastes toiles accrochent le regard, tandis que de plus petites peintures se cachent dans les armoires et les tiroirs. L’esprit inventif, parfois sulfureux, de Gustave Moreau imprègne chaque recoin de cette demeure baignée de quiétude, à tel point qu’on ne peut qu’en tomber sous le charme.
En 1198, à la suite de la conquête normande, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion ordonne la construction de l’impressionnant château Gaillard, perché sur un méandre de la Seine afin de barrer la route à Philippe II et de sécuriser l’accès fluvial à son duché.
Ses ruines imposantes témoignent encore de sa grandeur passée, ce château fort ayant servi de modèle à ceux bâtis au XIIᵉ siècle. Cependant, en 1204, année du sac de Constantinople, il tombe entre les mains de Philippe II.
Avec leurs contours lisses et arrondis, ces imposants rochers roses confèrent un relief quasi surréaliste à cette côte bretonne. Leur palette de tons rosés, allant de l’ambre au corail, qui tranche avec les eaux turquoise de la Manche, s’explique par une rare combinaison de quartz et de feldspath.
La Côte de granit rose, avec ses couleurs sublimes et ses formations insolites, s’étend sur plus de 10 km le long du littoral breton. C’est dans ce décor, pétri de sel, de tourbe et de granit, que se trouve Ploumanac’h – élu Village préféré des Français en 2015.
La brise marine berce ces géants silencieux qui se dressent sous le ciel lourd de Bretagne en lignes droites, kilomètre après kilomètre. Depuis sept millénaires, des milliers de menhirs veillent sur la côte du Morbihan.
Leurs proportions, leur régularité et leur magnificence suggèrent qu’ils n’ont pas été disposés ici au hasard. Les pierres étaient-elles un symbole de culte religieux, un monument zodiacal, une offrande à la fertilité, un mémorial pour les ancêtres ou bien encore un rempart face à la montée des eaux ? Les théories ne manquent pas.
Au printemps, les cerisiers en fleurs recouvrent les sentiers verdoyants de ce parc d’une trentaine d’hectares d’un somptueux tapis blanc. Azalées, rhododendrons et camélias se mêlent aux érables japonais et autres mélèzes chinois dans ce lieu empreint de sérénité, où l’eau joue un rôle central.
On en vient à oublier que l’on se trouve dans la vallée de la Loire. Situé à côté du château Colbert, le parc oriental de Maulévrier est le plus important jardin japonais d’Europe et abrite près de 400 espèces de plantes.
Le 2 mai 2019, 500 ans après la mort de Léonard de Vinci, les présidents français et italien se sont réunis au Clos Lucé, où l’artiste et inventeur a passé les trois dernières années de sa vie.
Depuis la mort du génie florentin, cette élégante maison de briques et de pierres entourée de vastes jardins n’a rien perdu de son charme d’antan. En visitant la reconstitution de son atelier au rez-de-chaussée, on devine presque l’ombre du génie vieillissant, perdu dans ses pensées créatives.
Cheverny est, avec Chambord et Blois, l’un des plus célèbres châteaux de la Loire, et son charme saura séduire tous les visiteurs. Et si sa façade vous semble étrangement familière, c’est parce qu’Hergé s’est servi de Cheverny comme modèle pour dessiner le château de Moulinsart, la demeure du capitaine Haddock dans Tintin.
Mais cet élégant édifice du début du XVIIᵉ siècle est célèbre pour beaucoup d’autres raisons. Ses intérieurs somptueux arborent de magnifiques éléments d’origine, comme des lambris détaillés, des revêtements muraux et du cuir de Cordoue.
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Il peut sembler étonnant qu’un ouvrage fondamental sur la démocratie moderne ait été écrit dans ce château féodal du XIVᵉ siècle. Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, auteur du célèbre De l’esprit des lois, a, au fil des ans, apporté de nombreuses modifications à cette propriété.
Il y a créé des jardins élégants, bâti une bibliothèque immense et réorganisé les trésors accumulés pendant plus de quatre siècles à son gré. Le château n’a pas changé depuis que Montesquieu y a vécu. Plus encore, l’empreinte du pied du philosophe est encore visible sur la cheminée, contre laquelle il s’appuyait en écrivant.
C’est pendant l’été 1889 que le jeune spéléologue Édouard-Alfred Martel est descendu dans ce gouffre de 103 mètres de profondeur dont l’obscurité infinie semblait mener directement vers l’enfer. Galvanisé par les récits de Jules Verne, l’aventurier y a découvert un dédale de galeries parcourues de rivières souterraines aux eaux sombres, qui viraient au bleu cobalt à la lueur vacillante de sa bougie.
En avançant, il découvrit des salles féeriques, couronnées de stalactites scintillantes, avec des voûtes qui semblaient s’inspirer des cathédrales gothiques. Aujourd’hui, les visiteurs intrépides peuvent descendre explorer cette merveille de la nature à pied ou en ascenseur.
La cathédrale d’Albi, colossale forteresse divine en briques, est la plus grande de son genre au monde. Ses lignes extérieures austères et imposantes, évoquant des bastions médiévaux, laissent place à un intérieur d’une richesse éblouissante.
Les couleurs éclatantes et les ornements flamboyants, le bleu vif rehaussé d’or recouvrant ses murs, ses voûtes et ses colonnes, les grands orgues ornés de boiseries somptueuses et la fresque monumentale du Jugement dernier fascinent et émerveillent les visiteurs qui en franchissent le seuil.
La princesse mérovingienne Énimie, sœur du bon roi Dagobert, fut miraculeusement guérie de la lèpre par les eaux de la Burle, un affluent du Tarn.
C’est ainsi, dit-on, qu’est né le village de Sainte-Énimie, charmante capitale des gorges du Tarn et point de départ d’un voyage époustouflant à travers ce canyon spectaculaire, digne d’un film fantastique. Sur 53 km, cette rivière majestueuse, bordée de panoramas spectaculaires, invite à un voyage d’est en ouest dans un cadre digne d’un conte de fées.
Il y a bien longtemps, un jeune berger nommé Jean a fait paître son troupeau sur le plateau du Thaurac lorsqu’une de ses brebis a disparu. En entendant les bêlements de l’animal, il est parti à sa recherche et est tombé dans une crevasse d’une profondeur incroyable.
De retour au village, il a raconté avoir été transporté dans une immense caverne mystérieuse, peuplée de mille fées qui ont chanté et dansé devant lui. Aujourd’hui, les visiteurs empruntent un funiculaire pour traverser cette gigantesque salle, longue de 122 mètres, large de 80 mètres et haute de 50 mètres.
Les abbayes cisterciennes d’une telle magnificence se font rares. En adoptant une stricte observance de la règle de saint Benoît, les cisterciens ont voulu renouer avec l’austérité et la pauvreté, piliers du message chrétien.
Cependant, la peste noire du XIVᵉ siècle, qui a décimé la communauté monastique, a marqué le début du déclin de Fontfroide, entraînant la perte de sa puissance et de son indépendance. Fait surprenant, les merveilles architecturales que nous admirons aujourd’hui sont dues à des transformations modernes que cet ancien sanctuaire avait longtemps rejetées, fidèle à son idéal de simplicité.
Qu’est-ce qu’un costume, sinon un accessoire magique qui nous transporte dans d’autres époques et d’autres lieux le temps d’une représentation ? Inauguré en 2006, le Centre national du costume de scène est la première grande institution entièrement dédiée à la préservation du patrimoine théâtral.
Il abrite près de 10 000 pièces, entre costumes, bijoux, perruques, décors et accessoires de scène. Parmi elles figurent des tenues iconiques portées par les plus grands acteurs de théâtre, et des costumes conçus par des créateurs légendaires comme Thierry Mugler, Coco Chanel et Christian Lacroix.
Le monument préféré des Français, élu lors de la première édition du concours télévisé annuel, n’était ni la tour Eiffel ni le Mont-Saint-Michel : il s’agissait du monastère royal de Brou.
Ce complexe religieux unique allie avec finesse les styles français, flamand, espagnol et autrichien. Mais derrière la beauté de ses voûtes sculptées se cache une histoire de deuil. Sous ses toits chatoyants reposent Philibert II et Marguerite d’Autriche. Devenue veuve à 24 ans, Marguerite a refusé de se remarier et a fait édifier ce chef-d’œuvre monumental à la mémoire de son époux bien-aimé.
Ce palais, construit par le facteur Ferdinand Cheval, déroute souvent les visiteurs. Chef-d’œuvre incontesté de l’art naïf, il s’agit d’un monument absolument unique, en marge de tout mouvement artistique.
Cheval, après avoir vu son palais en rêve des années auparavant, trébucha sur une belle pierre lors d’une de ses tournées quotidiennes en 1879. C’est tout ce dont il a eu besoin pour se lancer, et pendant les 33 ans qui suivirent, il poursuivit son rêve avec une détermination sans faille, ignorant les critiques et les moqueries. Le résultat est aussi inexplicable qu’exceptionnel.
Construit au 1ᵉʳ siècle apr. J.-C., sous le règne d’Auguste, cet amphithéâtre romain est l’un des mieux conservés d’Europe et attire tous les superlatifs. Louis XIV a même déclaré que son spectaculaire mur de scène, long de 103 mètres et haut de 37 mètres, était « le plus beau mur de [son] royaume ».
Mais ce n’est qu’au XIXᵉ siècle, après 1 500 ans d’interruption, que les représentations ont repris dans cet auditorium de 9 000 places. C’est ainsi que sont nées les Chorégies d’Orange, l’un des plus anciens et des plus prestigieux festivals d’opéra au monde.
Pendant plus de 50 ans au XIVᵉ siècle, Avignon a été le centre de la chrétienté. Alors que l’Italie médiévale était ravagée par des guerres civiles, la papauté a trouvé refuge en Provence.
C’est là que fut édifié le palais des Papes, un monument spectaculaire à la hauteur de la plus haute autorité religieuse, érigé en quelques décennies seulement. Aussi grand que quatre cathédrales, ses appartements sont décorés de fresques inestimables réalisées par le peintre italien Matteo Giovanetti, dont le chef-d’œuvre ornant la chapelle Saint-Martial est tout simplement éblouissant.
De Cassis à Marseille, les habitants sont fiers de leurs calanques, ces criques étroites aux eaux azur qui se fraient un chemin entre les parois rocheuses blanches de la côte méditerranéenne.
Sur 20 km se déploient des falaises impressionnantes et des plages paradisiaques, dont Port-Miou, Port-Pin et En-Vau. Accessible uniquement à pied ou en bateau, cette nature sauvage, à deux pas de la ville, invite à la détente et au farniente. Entre le soleil, les roches claires et l’eau salée, mêlés aux senteurs de thym, d’anis et de romarin, la région mérite amplement sa réputation élogieuse.
Surplombant la Méditerranée, les vestiges d’une forteresse du XIIᵉ siècle dominent le rocher d’Èze, une falaise escarpée offrant l’une des plus belles vues de la région.
Dans les années 1950, le maire de la commune a fait appel à Jean Gastaud, créateur du jardin exotique de Monaco, pour magnifier ce site exceptionnel. Ensemble, ils ont conçu, au pied des ruines, un jardin parmi les plus originaux d’Europe, mêlant cactus, aloès et autres succulentes. La bruyère y forme une mosaïque luxuriante aux teintes étonnantes de jaune, de vert et de rose fluo.
C’est l’un des paysages marins les plus spectaculaires du bassin méditerranéen. Ici, on s’attendrait presque à voir le dieu romain Neptune surgir des eaux.
Mais cette réserve naturelle classée au patrimoine mondial de l’UNESCO offre beaucoup plus que de magnifiques rochers volcaniques tombant en cascade dans des eaux turquoise et limpides. Il s’agit aussi de l’un des sites de biodiversité les plus rares et les mieux préservés de France, et l’on y trouve, le long de ses falaises aux teintes ambrées, toute une variété de minéraux, d’animaux et de plantes.
Les créateurs des jardins de Villandry n’ont jamais pu apprécier leur chef-d’œuvre sous son meilleur jour. Avec leurs terrasses, leurs canaux et leurs labyrinthes ornés de statues, ces jardins dessinent des motifs géométriques et colorés visibles seulement depuis les airs.
Déjà réaménagés au XIXᵉ siècle, ils doivent leur allure contemporaine à une reconstitution complète réalisée par Joachim Carvallo au début du XXᵉ siècle.
Le département de l’Aveyron abrite un véritable trésor, et ce n’est pas qu’une figure de style. Au fil des siècles, l’abbatiale Sainte-Foy a réuni la plus importante collection d’orfèvrerie religieuse de France.
Grâce au culte des reliques particulièrement important au Moyen Âge, Conques, qui était idéalement située sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, est devenue un centre spirituel majeur. Construit au XIᵉ siècle, ce superbe exemple d’architecture romane a servi de modèle à plusieurs sanctuaires, dont la cathédrale espagnole de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Tout le contenu a été emprunté à l’ouvrage 100 lieux pour découvrir la France (Flammarion, 2021) avec les permissions correspondantes. Ce livre offre une exploration complète des plus beaux sites de France, parcourant les quatre coins du pays à travers 12 chapitres thématiques captivants.
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