D’Athènes à Amsterdam en passant par Venise, le tourisme de masse est devenu ingérable pour de nombreuses villes européennes. Pollution, embouteillages, incivilités, vandalisme, pénurie de logements… Les conséquences se multiplient. La flambée des prix immobiliers pousse même des habitants historiques à quitter leur quartier, tandis que l’authenticité culturelle s’efface sous la pression des visiteurs.
Découvrez ces villes européennes où le tourisme a franchi le point de rupture…
Adaptation française par Armelle Vagneur-Jones et Margaux Cervatius
En mai 2025, le gouvernement espagnol a demandé à Airbnb de retirer près de 66 000 annonces jugées non conformes à la réglementation nationale. Six régions du pays étaient concernées : Madrid (photo), l’Andalousie, la Catalogne, Valence, le Pays basque et les îles Baléares. La plateforme de location saisonnière a saisi la justice, mais le Tribunal supérieur de justice de Madrid a finalement tranché en faveur du gouvernement et ordonné le retrait immédiat de 4 984 annonces de locations.
En Espagne, la question du logement reste au cœur des préoccupations. De plus en plus d’habitants peinent à trouver un toit à prix raisonnable, la faute notamment à la prolifération des appartements touristiques. Les Espagnols ont donc salué cette mesure, perçue comme « une victoire indéniable pour les défenseurs du droit au logement ».
En 2024, Prague a accueilli environ 8,1 millions de visiteurs, soit 9 % de plus qu’en 2023, pour une population de 1,3 million d’habitants seulement. Dans le centre-ville inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, les enterrements de vie de garçon sont devenus une véritable nuisance. Pour y remédier, la municipalité a interdit les tournées de bars en fin de soirée et envisage désormais de bannir les déguisements « loufoques » qui accompagnent souvent ces célébrations.
D’autres mesures ont été prises, comme l’augmentation des amendes pour les infractions liées aux trottinettes électriques et un encadrement plus strict des nuisances sonores. La circulation nocturne est désormais interdite dans la vieille ville et une campagne lancée en 2023 invite les touristes à adopter un comportement plus respectueux.
À l’instar de nombreuses destinations festives, Prague veut désormais séduire davantage les amateurs de culture que les fêtards. La capitale tchèque cherche en effet à tourner la page des excès liés au tourisme de masse, en particulier ceux des gros buveurs de bière qui gâchent la vie des riverains.
Édimbourg enregistre environ 5,3 millions de nuitées chaque année. Les visiteurs viennent du monde entier pour admirer les magnifiques quartiers d’Old Town et de New Town, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais aussi pour assister au plus grand festival artistique au monde. Pourtant, la capitale écossaise n’échappe pas aux défis liés au surtourisme.
En 2023, la municipalité a même déclaré l’état d’urgence en matière de logement, une crise largement aggravée par la prolifération des locations de courte durée. Les habitants déplorent également la disparition progressive des commerces de proximité sur l’emblématique Royal Mile, remplacés par des boutiques de souvenirs. En réponse à ces doléances, une taxe de séjour destinée à financer l’amélioration des infrastructures devrait être instaurée en 2026.
La population d’Athènes intra-muros est d’environ 650 000 habitants, mais la capitale grecque s’apprête à voir déferler près de 10 millions de visiteurs en 2025, soit deux millions de plus qu’en 2024. Ce tourisme de masse engendre de multiples problèmes : la prolifération des locations de vacances de courte durée aggrave la crise du logement, tandis que les touristes contribuent à la pollution, aux déchets, aux embouteillages et à l’augmentation de la délinquance.
Pour y faire face, plusieurs mesures ont été adoptées en plus du quota journalier de visiteurs imposé à l’Acropole depuis 2023 : une taxe de séjour a été instaurée et, dans certains quartiers, l’octroi de nouvelles autorisations pour les locations de courte durée est temporairement suspendu. Un groupe de travail a été créé en 2025 pour veiller à l’application stricte de ces mesures.
Cracovie a accueilli 2,3 millions de touristes en 2024, pour une population d’environ 770 000 habitants. Connue pour son riche patrimoine culturel, l’ancienne capitale polonaise est malheureusement devenue une destination de prédilection pour les groupes d’enterrement de vie de garçon et les touristes en quête d’alcool bon marché. Les habitants en ont assez de ces nuisances, surtout la nuit, lorsque le centre-ville médiéval se transforme en véritable scène d’excès et d’ivresses.
Selon eux, les mesures prises par la municipalité, comme l’interdiction de la consommation d’alcool tard le soir ou la campagne d’affichage qui incite à un comportement respectueux, sont insuffisantes. En juin 2024, les riverains ont engagé une action en justice contre la mairie, qu’ils jugent trop passive. L’avocat chargé de cette affaire a déclaré à l’AFP que Cracovie était confrontée à « une situation unique en Europe » et que certains touristes se comportaient « comme Tarzan dans la jungle ».
Avec 32 millions de visiteurs annuels pour une population de seulement 1,6 million d’habitants, Barcelone est devenue le symbole même du surtourisme. Cette déferlante touristique aggrave la crise du logement, puisque la multiplication des locations de courte durée fait grimper les prix de l’immobilier.
Les touristes sont aussi pointés du doigt pour leur contribution à la pollution, à l’accumulation de déchets, aux nuisances sonores et à la délinquance grandissante. À bout, les habitants descendent dans la rue et certains expriment leur colère en arrosant symboliquement les touristes avec des pistolets à eau.
Le conseil municipal a pris plusieurs mesures pour endiguer le phénomène, comme l’interdiction pour les navires de croisière d’accoster en centre-ville et la hausse de la taxe de séjour. Par ailleurs, le maire a annoncé l’interdiction des locations d’appartements touristiques à compter de 2028.
Propulsée sur le devant de la scène par la série Game of Thrones, où elle servait de décor à Port-Réal, Dubrovnik figure aujourd’hui parmi les destinations les plus fréquentées au monde. Selon une étude du portail de locations de vacances Holidu, le nombre de visiteurs annuels est 27 fois supérieur à la population locale. Ce déséquilibre exerce une pression énorme sur les infrastructures, menace le charme historique de la ville et pose même des questions sur son statut de site du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Comme à Barcelone, se loger devient un véritable défi pour les habitants de Dubrovnik, même si la ville croate n’a pas connu les grandes manifestations observées en Catalogne. Pour lutter contre ces effets néfastes du tourisme, le maire a pris plusieurs mesures, dont des restrictions sur les arrivées de paquebots, la suspension de nouvelles autorisations pour les locations de vacances et le lancement d’une campagne de sensibilisation intitulée « Respecter la ville ».
Toujours en Croatie, la ville historique de Split souffre elle aussi du surtourisme. Au-delà des inquiétudes liées à la flambée des prix et à l’afflux de visiteurs, Split doit aussi composer avec les nombreuses nuisances générées par le tourisme festif : tapage nocturne, tournées de bars et touristes ivres qui urinent dans les espaces publics, jusque sur les vestiges romains de la ville.
Malgré son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, Split déploie peu d’efforts pour endiguer ces comportements problématiques. Les panneaux qui menacent d’amendes les contrevenants restent largement inefficaces et les sanctions sont rarement appliquées. Dans une interview accordée au Daily Express en 2024, un habitant exprimait son sentiment d’être devenu un étranger dans sa propre ville, tandis qu’un autre dénonçait le fléau quotidien causé par les touristes fêtards.
Cela fait longtemps que Venise est en proie au surtourisme. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, cette ville emblématique compte moins de 50 000 habitants, mais accueille près de 30 millions de touristes par an. Ces hordes de visiteurs fragilisent ses bâtiments historiques et encombrent ses ruelles étroites et ses canaux.
Pour réagir à cette situation, les habitants ont manifesté contre le tourisme de masse. La municipalité a riposté avec plusieurs mesures : interdiction des escales de paquebots en centre-ville, mise en place d’une taxe de séjour, limitation de la taille des groupes de visiteurs et interdiction des haut-parleurs. Cependant, ces mesures ne suffisent pas aux yeux de nombreux résidents qui, selon le quotidien britannique The Guardian, restent très inquiets, notamment face à la prolifération des locations de courte durée.
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La ville pittoresque de Bruges a accueilli huit millions de touristes en 2024, pour une population de 120 000 habitants. Il n’est donc pas surprenant que les résidents de cette « Venise du Nord », inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’insurgent contre cet assaut touristique.
La municipalité a pris une série de mesures : restriction de l’accostage des navires de croisière, frein aux campagnes de promotion touristique et, plus récemment, interdiction de construire des hôtels en centre-ville et suspension de nouvelles autorisations de locations saisonnières.
Cependant, ces initiatives peinent à freiner les vagues de vacanciers qui continuent de déferler sur la ville. Pour aller plus loin, certains évoquent la mise en place d’un quota de visiteurs et de frais d’accès (comme à Venise et Dubrovnik), tandis qu’une taxe sur les séjours de courte durée entrera en vigueur à partir de 2027.
Surnommée elle aussi la « Venise du Nord », Amsterdam a enregistré neuf millions de nuitées touristiques en 2024, pour une population de moins d’un million d’habitants. Comme souvent, le cœur du problème réside dans la prolifération des vols à bas prix et des locations de courte durée. En plus de la flambée des loyers qui rend le centre-ville inabordable, les habitants doivent composer avec des touristes uniquement attirés par la réglementation laxiste sur les drogues et le quartier rouge.
Pour tenter de se débarrasser des fêtards, la ville a lancé une campagne baptisée « Stay Away » (« Ne venez pas ») en 2022. À cela s’ajoutent des amendes pour comportements inappropriés, la promotion des sites culturels et la taxe de séjour la plus élevée d’Europe, à 12,5 % par nuitée.
York a reçu environ 9,4 millions de visiteurs en 2024, pour seulement 200 000 habitants, ce qui suscite la frustration de certains résidents qui dénoncent une véritable « invasion touristique ». Dans le centre-ville, les commerces ciblent principalement les touristes au détriment des habitants, tandis que la prolifération des locations de vacances fait grimper les prix de l’immobilier.
Face à l’incivilité des visiteurs, la municipalité a publié un code de conduite spécifiquement destiné aux enterrements de vie de garçon et de jeune fille. Par ailleurs, des panneaux violets disséminés dans le centre-ville rappellent aux touristes de ne pas uriner dans les ruelles pavées médiévales et de respecter les chauffeurs de taxi ainsi que le personnel des bars. Ces mesures restent toutefois limitées et la municipalité envisage désormais de mettre en place une taxe de séjour.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la magnifique ville de Florence, joyau de la Renaissance italienne, compte environ 366 000 habitants, mais attire chaque année 11 millions de touristes. Le centre-ville est saturé de locations de vacances, qui ont fait flamber les prix de l’immobilier, de restaurants et de boutiques de souvenirs qui s’adressent essentiellement aux visiteurs.
Comme le souligne Cecilie Hollberg, directrice de la Galleria dell'Accademia, l’un des prestigieux musées de la ville, dans un article du journal britannique Guardian en 2024, de nombreux touristes visitent Florence « en coup de vent » : ils se rendent devant les principaux sites de la ville uniquement pour prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux.
Pour remédier à ces problèmes, la municipalité a instauré une taxe de séjour et lancé une campagne pour détourner les touristes d’un centre-ville saturé. Elle a aussi interdit les nouvelles locations privées de courte durée et l’installation de boîtes à clés sur les immeubles.
En l’espace de seulement dix ans, Lisbonne est passée d’une des capitales européennes les plus abordables à la plus chère en matière de logement. En cause, l’essor du tourisme et l’arrivée massive d’expatriés en quête d’un coût de vie moins élevé. Le problème majeur pour les habitants reste l’explosion des locations de courte durée, qui réduisent le parc immobilier disponible et font grimper les prix du logement.
Fin 2024, plus de 6 600 résidents ont soumis une pétition aux autorités municipales pour organiser un référendum sur l’interdiction des locations de vacances dans les immeubles résidentiels.
La magnifique ville de Copenhague voit son charme s’éroder sous l’effet du surtourisme. En 2023, la capitale danoise a enregistré plus de 12 millions de nuitées touristiques étrangères, pour une population d’environ 600 000 habitants. Face à ce défi, la ville adopte une approche originale : au lieu de sanctionner les touristes, elle choisit de les récompenser lorsqu’ils adoptent un comportement respectueux.
Lancé en 2024, le programme Copenpay incite les visiteurs à ramasser des déchets, à privilégier le vélo plutôt que la location de voiture ou à participer à des activités de bénévolat dans les espaces verts. En contrepartie, les visiteurs reçoivent des récompenses concrètes, comme des glaces gratuites ou des réductions sur les billets de musée. Fort de son succès, ce dispositif a été reconduit l’été dernier.
Budapest a accueilli plus de six millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 24 % par rapport à 2023, avec un total de 14,7 millions de nuitées. Ici encore, les locations de courte durée semblent constituer le cœur du problème.
Fin 2024, les résidents du sixième arrondissement, un quartier touristique densément peuplé surnommé parfois le « Broadway de Budapest », ont voté en faveur de l’interdiction des locations de courte durée. La mesure devrait entrer en vigueur en 2026.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville de Bath peine à contenir les effets du surtourisme, un phénomène accentué par le succès de la série Bridgerton. Plus de six millions de touristes affluent chaque année pour découvrir les bains romains et les bâtiments raffinés du début du XIXe siècle, alors que la ville ne compte que quelque 100 000 habitants.
En juin 2024, un habitant cité dans le journal britannique The Daily Express déplorait : « Le week-end, il y a tellement de monde qu’on peut à peine circuler dans les rues. C’est de la pure folie ». Les résidents pointent surtout du doigt les locations de courte durée. La municipalité a instauré plusieurs mesures pour réglementer ces locations, mais leur mise en œuvre reste complexe et souvent difficile à appliquer.
Porto connaît depuis quelques années une croissance touristique soutenue. En 2023, le nombre de visiteurs y a été dix fois supérieur à celui de ses habitants. Ce surtourisme entraîne la disparition des commerces traditionnels du centre-ville au profit de chaînes impersonnelles destinées aux touristes, tandis que les locations de courte durée poussent les résidents de longue date à quitter leurs quartiers.
En réponse à ce phénomène, la municipalité adopte une stratégie nuancée : au lieu d’interdire les locations dans toute la ville, elle limite ces restrictions aux quartiers les plus touristiques, tout en promouvant activement les moins fréquentés. Cette approche vise à favoriser un tourisme plus durable et à revitaliser les quartiers délaissés.
La capitale autrichienne a battu un record en 2024 avec 18,9 millions de nuitées. La municipalité adopte une stratégie similaire à celle de Porto, avec la promotion d’un modèle de tourisme plus durable qui incite les visiteurs à découvrir les quartiers périphériques.
Dans l’optique d’attirer une clientèle plus aisée, l’accent est désormais mis sur le « tourisme immersif » qui privilégie des expériences personnalisées plutôt que les visites touristiques classiques. Par ailleurs, la ville a instauré une taxe de séjour de 3,2 % qui vient s’ajouter au coût de l’hébergement.
À cheval entre l’Europe et l’Asie, Istanbul est une métropole gigantesque de plus de 15 millions d’habitants. Dès lors, il peut sembler surprenant que la « Ville aux sept collines » soit elle aussi victime du surtourisme. Or selon Euromonitor International, Istanbul a été la ville la plus visitée au monde en 2023, avec un total de 20,2 millions d’arrivées internationales. En 2024, elle a été reléguée à la deuxième place, derrière Bangkok.
Depuis 2024, tout touriste étranger de plus de huit ans doit payer 25 euros pour visiter le monument emblématique de la ville, Sainte-Sophie. Cette mesure vise à financer les travaux de rénovation. Chaque année, ce site historique attire jusqu’à 3,5 millions de visiteurs, ce qui engendre des dommages importants, voire des actes de vandalisme.
Le quartier de Notre-Dame-du-Mont à Marseille a récemment été sacré quartier le plus cool du monde par le magazine Time Out. Selon Laurent Lhardit, président délégué de l’Office de tourisme local, le secteur touristique de la ville est en « excellente santé ». Cependant, avec 16,2 millions de nuitées enregistrées en 2023, la cité phocéenne commence à ressentir les effets du surtourisme, notamment en raison de la fragilité des écosystèmes côtiers des Calanques, situées en périphérie de la ville.
Ces falaises et leurs plages séduisantes sont envahies par des marées de vacanciers, au point que l’érosion devient une véritable source d’inquiétude. Pour préserver ces sites, un quota de visiteurs quotidiens a été instauré pour la célèbre calanque de Sugiton.
Milan a accueilli 7,6 millions de visiteurs en 2023, soit environ six fois la population de la ville. Si la capitale italienne de la mode attire majoritairement une clientèle aisée, elle doit néanmoins composer avec une minorité de touristes bruyants, venus plus pour faire la fête que pour flâner dans les boutiques ou visiter la superbe cathédrale.
Pour répondre aux plaintes liées au bruit, la municipalité a interdit la vente d’alcool en fin de soirée. Elle a également envisagé de proscrire la vente de glaces et de pizzas tard le soir, mais a dû y renoncer face à l’opposition des commerçants.
Troisième ville la plus visitée d’Espagne, Séville, qui compte 700 000 habitants, accueille près de trois millions de touristes par an. Face à cette affluence, la population locale a manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer un modèle de tourisme « intenable » et ses conséquences, notamment la prolifération des locations de courte durée, la pollution et l’accumulation de déchets.
Des graffitis anti-tourisme ont fleuri dans plusieurs quartiers et, en 2024, Euronews a rapporté que des manifestants avaient même recouvert de déjections les boîtes à clés d’appartements touristiques. Face à cette situation, la municipalité a pris des mesures radicales, comme la coupure de l’approvisionnement en eau des logements touristiques illégaux, et envisage de faire payer l’accès à la Plaza de España, son joyau de style néo-mauresque.
En 2024, Berlin a accueilli près de 13 millions de touristes pour une population de 3,8 millions d’habitants. Même si le ratio de visiteurs par habitant est moins marqué que dans d’autres villes, le surtourisme demeure un problème majeur dans plusieurs quartiers très fréquentés, notamment ceux de Kreuzberg, Friedrichshain et Neukölln.
Les habitants dénoncent la hausse des nuisances sonores, l’accumulation de déchets et le départ forcé de résidents, conséquence des locations de courte durée, véritable fléau du surtourisme. Plusieurs mesures ont été prises pour y remédier : limitation des locations de courte durée, amélioration des infrastructures et campagnes de promotion destinées à valoriser les quartiers périphériques de la capitale.
Encore une ville espagnole confrontée à un grave problème de surtourisme. Selon une étude du quotidien El País, certains quartiers de Malaga comptent la plus forte proportion de logements Airbnb en Espagne. L’afflux excessif de visiteurs et les incivilités de certains d’entre eux ont provoqué la colère des résidents, qui ont organisé de grandes manifestations durant l’été 2024. « On a l’impression que la ville est en train de crouler sous la foule », a confié un manifestant à la BBC.
Depuis janvier 2025, la municipalité a suspendu l’enregistrement de nouvelles locations touristiques dans 43 zones pour une durée de trois ans. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation, diffusée sur Internet et via des panneaux publicitaires, invite les touristes à garder la ville propre, à ne pas rouler à vélo ou en trottinette sur les trottoirs, à éviter d’écouter de la musique à fort volume et à rester correctement vêtus en public.
Renommée pour ses villas blanches et son littoral bordé de criques, la sublime île de Capri ne compte qu’environ 13 000 résidents permanents. Toutefois, durant les mois d’été, elle est submergée par une vague de touristes qui peut aller jusqu’à 16 000 visiteurs par jour.
Au-delà de la gêne que ces foules représentent pour les habitants, les bateaux touristiques infligent également de lourds dégâts au littoral. La municipalité envisage d’installer une barrière de bouées pour empêcher les navires de s’approcher trop près des côtes.
L’île de Santorin, l’une des plus visitées de Grèce, est elle aussi une destination où, pendant la haute saison, les touristes sont bien plus nombreux que les résidents. En juillet 2024, un élu local a déclenché un tollé en conseillant aux habitants, via un message diffusé sur les réseaux sociaux, de rester chez eux afin de faciliter la visite de 17 000 croisiéristes.
Les projets de constructions touristiques, qui risquent d’altérer le paysage historique et l’environnement naturel de l’île, suscitent de vives inquiétudes. Les autorités prévoient d’instaurer une taxe de 20 euros pour les croisiéristes et envisagent d’interdire toute construction dans la zone de la caldeira de Santorin.
Avec autant de villes européennes confrontées au surtourisme, vous vous demandez sans doute où partir pour éviter les foules et rencontrer des habitants moins hostiles aux touristes. Pour de courts séjours dans des villes encore relativement peu fréquentées, pensez à Ljubljana, la capitale slovène (photo), à Trieste, en Italie, à Guimarães, au Portugal, ainsi qu’à Belfast, en Irlande du Nord.
D’autres destinations pourraient vous tenter, comme Brno, en Tchéquie, La Haye, aux Pays-Bas, ou encore Bristol, en Angleterre.
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