Depuis les années 1970 et l’arrivée des gros-porteurs, des millions de personnes partent en vacances aux quatre coins du monde. Le tourisme ne cesse de croître et, d’année en année, l’affluence dans les villes et sites emblématiques s’intensifie.
Jusqu’à la pandémie de COVID-19, il semblait inconcevable d’imaginer Venise ou Times Square sans des nuées de visiteurs… Pourtant, bien avant l’ère des congés payés, des séjours à bas prix et d’Airbnb, ces lieux iconiques connaissaient une tout autre atmosphère : paisible, préservée et réservée à leurs habitants… ou à quelques privilégiés fortunés.
Remontez le temps et découvrez ces lieux célèbres tels qu’ils étaient avant l’ère du tourisme...
Adaptation française par Armelle Vagneur-Jones et Margaux Cervatius
Les jours de grande affluence, Times Square voit défiler jusqu’à 460 000 personnes. À la croisée de Broadway et de la Septième Avenue, ce lieu mythique de New York attire les foules. Certains viennent pour une pièce de théâtre, d’autres pour dîner, faire du shopping ou simplement s’émerveiller devant ses célèbres enseignes lumineuses.
Il est difficile d’imaginer une destination touristique plus animée. Pourtant, il y a 121 ans, ce quartier paisible, appelé alors « Longacre », était surtout connu pour ses manufactures de calèches.
Times Square doit son nom au journal The New York Times, qui y installe son siège en 1904. Le quartier gagne rapidement en notoriété grâce à ses théâtres, avant de vivre un véritable âge d’or après la Première Guerre mondiale. C’est alors que surgissent les emblématiques enseignes lumineuses qui font sa renommée.
La Grande Dépression des années 1930 ouvre cependant une longue période de déclin. Ce n’est qu’après les années 1950 que Times Square reprend vie avec l’essor du tourisme. Aujourd’hui, au XXIe siècle, ce lieu bouillonnant est l’un des plus photographiés au monde.
On dit souvent, à tort, que la Grande Muraille de Chine est visible depuis l’espace, un mythe qui illustre bien l’aura de ce monument colossal. Mais aujourd’hui, ce colosse de pierre ploie sous le poids du tourisme de masse : rien qu’en 2018, plus de 9,9 millions de visiteurs s’y sont pressés, avec des pics de 80 000 personnes par jour en haute saison. Pour limiter cette affluence, des quotas ont été instaurés, sans pour autant freiner l’attrait de ce chef-d’œuvre historique qui continue de séduire près de 10 millions de curieux chaque année.
Pourtant, au XIXe siècle, les choses étaient bien différentes : la Muraille tombait en ruine et ce n’est qu’en 1911 qu’elle a été reconnue comme un monument national digne de protection.
Dans les années 1960, la Révolution culturelle stigmatise la Grande Muraille, perçue alors comme un vestige du passé féodal. Une campagne appelle même à son abandon, voire à sa destruction : pierres et briques sont prélevées pour construire des logements modernes.
Dans les années 1980, la Muraille est enfin reconnue comme monument national et d’importants travaux de restauration sont lancés. Son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987 scelle son destin : fini la quiétude, place au tourisme de masse.
Quand on évoque les destinations touristiques les plus fréquentées au monde, Venise arrive souvent en tête. Avec seulement 55 000 habitants, la Cité des Doges se retrouve régulièrement envahie par les visiteurs : jusqu’à 120 000 personnes par jour en haute saison. En 2024, elle a même battu un record avec 3,9 millions de nuitées enregistrées.
Si la circulation automobile y est (fort heureusement) interdite, l’afflux estival soulève de vives inquiétudes quant à la capacité de la ville et de ses infrastructures à supporter une telle pression. Un contraste saisissant avec le XIXe siècle, où Venise n’accueillait alors que quelques privilégiés, des membres de l’élite européenne ou américaine en escale au fil de leur « Grand Tour ».
Prise en 1958, cette photo de la place Saint-Marc sous la pluie semble annoncer les graves inondations que la ville allait subir dans les années 1960. Depuis, le nombre de touristes n’a cessé d’augmenter.
Quand les méga-paquebots ont commencé à entrer dans la lagune, au tournant des années 2000, Venise est rapidement devenue l’une des escales les plus fréquentées d’Europe, au prix de polémiques grandissantes. Leur interdiction est tombée en 2021. Puis sont venus les confinements liés au COVID-19 : la ville a retrouvé son calme, les dauphins ont reparu dans le port, mais l’absence de touristes a laissé une facture économique désastreuse.
Chaque année, des millions de visiteurs affluent à Los Angeles, attirés par le glamour d’Hollywood et l’espoir d’apercevoir une célébrité. Au XIXe siècle, cependant, cette région était surtout connue pour son climat idéal, la fertilité de ses sols et son agriculture prospère.
Cette orangeraie se trouvait à l’emplacement de l’actuel carrefour ultra-fréquenté de Hollywood Boulevard et Western Avenue. En 1886, la nouvelle ville d’Hollywoodland n’existait que sur les plans. Ce n’est qu’au début des années 1900 que les premiers studios de cinéma commencent à s’y implanter.
Sur cette photo, un panneau annonce l’inauguration du lotissement Hollywoodland dans les collines de Mulholland Drive en 1924. Le bâtiment blanc à l’arrière-plan est la Kanst Art Gallery.
De grands studios de cinéma, tels que Warner Bros. et Columbia, sont déjà installés dans le quartier. C’est grâce à eux que la région attire aujourd’hui les stars, connaît un essor économique fulgurant et voit affluer des millions de visiteurs chaque année.
Le minuscule État insulaire de Singapour, en Asie du Sud-Est, attire chaque année environ 16,5 millions de touristes malgré une population d’à peine cinq millions d’habitants. C’est en fait l’une des villes les plus visitées au monde.
Toutefois, lorsque l’officier britannique Stamford Raffles, considéré comme le fondateur de la Singapour moderne, débarque ici en 1819, il n’y trouve qu’un simple village de pêcheurs. Dans les années 1820, ce village devient une colonie britannique et s’affirme comme un port stratégique. Sur cette photo, on voit l’hôtel Raffles, inauguré en 1887.
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Après la Seconde Guerre mondiale, Singapour obtient son indépendance et entame une réforme économique ambitieuse. Son but : devenir une puissance régionale. Aujourd’hui, la cité-État est reconnue pour son dynamisme. Elle attire des entreprises du monde entier, tandis que son architecture futuriste en fait une destination touristique prisée.
Dans les années 1960, lorsque cette photo a été prise, la ville conservait encore une grande part de son patrimoine architectural et vivait à un rythme plus paisible, loin de l’effervescence qui la caractérise aujourd’hui.
L’île de Majorque, joyau des Baléares, et sa capitale Palma attirent chaque année des millions de touristes européens. Parmi eux, 3,4 millions d’Allemands et 2,3 millions de Britanniques viennent profiter de ses plages et de son ambiance méditerranéenne.
Très tôt, Majorque prend conscience de son potentiel touristique et, dès 1959, le gouvernement espagnol assouplit les conditions d’entrée pour attirer les visiteurs. Cependant, en 1935, lorsque cette photo a été prise, la pêche restait encore le pilier économique de l’île.
Avant l’ère des hôtels de luxe, des piscines, des restaurants gastronomiques et des parasols, Majorque rayonnait déjà par sa culture unique. Cette photo des années 1930 montre des femmes en tenue traditionnelle, avec le châle à rayures et la coiffe « rebozillo ».
La découverte du pétrole à la fin des années 1960 a propulsé le modeste port de Dubaï vers la métropole futuriste que l’on connaît aujourd’hui.
En 1900, Dubaï devient un port franc, exempté d’impôts, tandis que le village voisin de Jumeirah, fait de simples huttes de boue, vit de la pêche aux perles. Dans les années 1930, l’arrivée des perles de culture marque l’effondrement de cette activité traditionnelle et plonge la région dans une profonde pauvreté.
Cette photo montre le quartier d’Al Ras, situé à Deira, face à la crique de Dubaï. Elle a été prise avant la découverte du pétrole, qui allait transformer la ville à jamais. Aujourd’hui, grâce à son immense prospérité et à l’arrivée massive d’immigrants, Dubaï compte près de trois millions d’habitants.
En 2024, Dubaï a accueilli 18,7 millions de touristes, ce qui en fait l’une des destinations les plus visitées au monde.
Avec 14,8 millions de visiteurs en 2024, Sydney est la destination la plus populaire d’Australie. Ville cosmopolite et bouillonnante, elle concentre une grande partie de son activité dans le quartier portuaire.
Pourtant, l’image de soleil, de mer et de surf que l’on associe aujourd’hui à Sydney est relativement récente. Autour de 1900, se baigner en plein jour était considéré comme indécent et le port, loin d’être un lieu touristique, était entièrement dédié aux activités commerciales.
Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que Sydney se forge une nouvelle identité de centre culturel, incarnée notamment par la construction de l’emblématique Opéra, dans les années 1960.
Conçu par l’architecte danois Jørn Utzon, son design, inspiré des voiles des navires amarrés dans le port, fait de l’Opéra un véritable symbole de Sydney.
Bangkok figure régulièrement en tête des villes les plus touristiques au monde : en 2024, elle a accueilli 32,4 millions de visiteurs, attirés par ses temples spectaculaires, sa gastronomie et ses marchés animés.
Toutefois, au tournant du XXe siècle, la capitale du royaume de Siam ressemblait à une cité médiévale entourée de fortifications et son économie reposait essentiellement sur le commerce avec la Chine.
Alliée du Japon durant la Seconde Guerre mondiale, la Thaïlande subit de violents bombardements, mais elle bénéficie ensuite d’une aide importante des États-Unis. Son économie se redresse rapidement et, dès les années 1950, Bangkok commence à attirer un nombre croissant de touristes.
À cette époque, les pousse-pousse à pédales étaient un moyen de transport très répandu, comme le montre ce cliché des années 1950, bien loin de la métropole moderne que l’on connaît aujourd’hui.
Chaque année, les plages de sable fin, la gastronomie de renommée mondiale et les boutiques de la ville moderne de George Town attirent plus de sept millions de touristes à Penang, sur la côte nord-ouest de la Malaisie.
Un contraste saisissant avec le XIXe siècle, lorsque cette région, alors sous contrôle britannique, était un port franc dédié à l’exportation d’épices et d’étain. À cette époque, la population mixte, composée de Chinois, d’Indiens et de Malais, vivait dans la pauvreté, sans accès à un système d’assainissement ni à des soins de santé dignes de ce nom.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l’occupation japonaise, Penang subit de lourds dommages ; son port est notamment détruit par les bombardements alliés. Après le conflit, la région est intégrée à la Malaisie et perd son statut de port franc, ce qui accentue la pauvreté locale.
Dans les années 1990, l’économie commence à se redresser et la préservation des bâtiments historiques permet à Melaka et George Town d’intégrer en 2008 la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Aujourd’hui, Penang est l’une des destinations touristiques les plus prisées d’Asie du Sud-Est.
En 2024, jusqu’à 20 millions de touristes ont visité Tokyo, mais sa transformation en métropole moderne s’est opérée sur une période relativement courte. Ce n’est qu’au cours des années 1860 que l’ancien village de pêcheurs d’Edo devient la capitale du Japon, lorsque l’empereur décide d’y installer son palais et son administration.
À cette époque, le Japon applique depuis longtemps une politique d’isolement et très peu d’Occidentaux s’aventurent dans la ville. Ce n’est qu’au tournant du XXe siècle que quelques visiteurs intrépides commencent à découvrir Tokyo.
Conçu par Frank Lloyd Wright, l’Imperial Hotel, visible sur la photo, ouvre ses portes en 1923. Il survit à la Seconde Guerre mondiale et aux grands chantiers de reconstruction de Tokyo à la fin de l’occupation américaine en 1952. Mais en 1968, ce bâtiment emblématique est malheureusement démoli.
Dans les années 1970, Tokyo change de visage. La ville se dote de l’un des gratte-ciel les plus hauts d’Asie et d’un réseau de transport étendu qui dope le commerce, l’emploi et attire toujours plus de touristes.
La vieille ville fortifiée de Dubrovnik est aujourd’hui une destination très prisée. Elle a attiré 4,5 millions de touristes en 2024, un chiffre surprenant au regard de son histoire mouvementée. Appelée autrefois Raguse, cette cité située sur la mer Adriatique, dans le sud de la Croatie, jouissait d’un statut d’État libre et prospérait grâce au commerce.
Pourtant, elle a été dévastée à plusieurs reprises, victime de tremblements de terre et de conflits armés. Encore récemment, dans les années 1990, Dubrovnik a subi des bombardements pendant la guerre de Bosnie.
Depuis le début des années 2000, Dubrovnik s’impose comme l’une des destinations touristiques les plus prisées de la Méditerranée, au point qu’un quota a dû être instauré pour limiter le nombre de visiteurs. En 1979, la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son architecture médiévale et ses remparts qui s’étendent sur 1 940 mètres de long et s’élèvent jusqu’à 24 mètres de haut.
L’histoire, les plages et l’atmosphère unique de cette magnifique cité continuent d’attirer des visiteurs du monde entier.
La minuscule île de Hong Kong et la péninsule de Kowloon comptent parmi les régions les plus densément peuplées au monde. En 2024, leur population s’élève à environ 7,5 millions d’habitants sur une superficie de 1 104 km². À cela s’ajoute une affluence touristique remarquable, avec près de 45 millions de visiteurs en 2024. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.
En 1841, lorsque Hong Kong devient une colonie britannique, elle se compose alors d’un ensemble de villages de pêcheurs. Des immeubles sont construits le long du front de mer pour loger les fonctionnaires britanniques.
La Seconde Guerre mondiale et les années 1950 entraînent un afflux massif d’immigrants venus de Chine continentale. Grâce à une industrialisation rapide, Hong Kong devient vite un centre majeur de production d’appareils électriques. L’amélioration des infrastructures (transports, écoles, administration et logements sociaux) permet à la ville de s’imposer, dès 1990, comme un centre financier de premier plan à l’échelle mondiale.
Le bail britannique a pris fin en 1997, mais, malgré une situation politique instable, cette ville au rythme effréné conserve son attrait touristique.
Au Cambodge, le sublime complexe de temples d’Angkor Wat, érigé au XIIe siècle, a attiré plus d’un million de visiteurs en 2024. Et pourtant, il y a à peine plus d’un siècle, quasiment personne n’en avait entendu parler.
En grande partie enfoui sous la jungle, le site n’est « redécouvert » par les Occidentaux qu’en 1860, lorsque le Cambodge passe sous contrôle français. Des équipes d’ouvriers s’attellent alors à dégager la végétation pour mettre au jour cet impressionnant ensemble de monuments et de sculptures.
La renommée d’Angkor Wat s’accroît dans les années 1930 grâce à la réalisation d’une réplique grandeur nature du complexe pour l’Exposition coloniale de Paris en 1931. Le Cambodge obtient son indépendance de la France en 1953 et, en 1992, le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. À cette époque, seuls 7 650 touristes avaient visité le lieu.
Cependant, au XXIe siècle, Angkor Wat est devenu l’une des destinations touristiques les plus prisées d’Asie. Le tournage du film Lara Croft : Tomb Raider, avec Angelina Jolie en tête d’affiche, en 2001 y est sûrement pour quelque chose.
Reconnue pour son art et sa faïence, Amsterdam a longtemps occupé une place centrale dans le commerce mondial. Au XVIIᵉ siècle, en plein âge d’or, la ville conserve pourtant une atmosphère paisible et une taille relativement modeste.
Elle amorce un déclin aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, secouée par les nombreux conflits qui ébranlent le pays. Pourtant, au début du XXᵉ siècle, Amsterdam renaît, portée par l’ouverture de nouveaux musées et l’essor du réseau ferroviaire.
Ébranlée par la Première Guerre mondiale, puis par l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, la ville retrouve peu à peu son dynamisme à partir des années 1950.
À mesure qu’Amsterdam s’enrichit, ses banlieues s’étendent. Les nouvelles voies routières prévues ne verront pourtant jamais le jour : la ville préfère préserver ses rues anciennes et en interdire la circulation aux voitures, un choix qui s’avérera judicieux. En 2010, trois canaux du centre historique ont même été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Aujourd’hui, ses jolies rues arborées, le charme de ses canaux et ses aménagements pour les cyclistes et les piétons attirent chaque année des millions de touristes.
Dernier vestige des Sept Merveilles du monde antique, les impressionnantes pyramides situées aux abords du Caire, en Égypte, accueillent quelque 14,7 millions de visiteurs chaque année. Cette vue spectaculaire figure parmi les sites incontournables du patrimoine mondial.
Pourtant, à la fin du XVIIIe siècle, la région sert essentiellement de terrain d’entraînement aux troupes françaises et britanniques : le célèbre Sphinx aurait même été utilisé pour des exercices militaires. Cette photographie prise plus d’un siècle plus tard offre une image bien plus paisible de ce lieu chargé d’histoire.
À la fin du XIXe siècle, le tourisme démarre timidement avec l’agence de voyages Thomas Cook, qui propose aux Occidentaux fortunés et cultivés des circuits organisés. Le site reste peu fréquenté, même s’il figure désormais au programme du « Grand Tour » des jeunes élites.
En 1922, la spectaculaire découverte du tombeau de Toutânkhamon fascine le monde entier et suscite un engouement sans précédent pour l’Égypte antique. Aujourd’hui, la visite des pyramides de Gizeh est devenue un passage quasi incontournable pour les voyageurs du monde entier.
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