On les traverse souvent à toute vitesse, sans vraiment les regarder. Pourtant, depuis le XIXe siècle et l’essor du chemin de fer, les gares sont devenues de véritables chefs-d’œuvre architecturaux au cœur des villes européennes. Des monuments historiques aux créations ultramodernes de verre et d’acier, certaines gares méritent qu’on s’y attarde rien que pour leur beauté.
Découvrez vite notre classement (profondément subjectif) des plus belles gares d’Europe... Saurez-vous deviner la numéro un ?
Adaptation française par Margaux Cervatius
Lors de son inauguration en 1887, la gare d’Uelzen avait une apparence plutôt ordinaire. Mais, en 1995, le gouvernement de Basse-Saxe confie à l’artiste autrichien Friedensreich Hundertwasser la mission de la métamorphoser.
Le résultat ? Un bâtiment haut en couleur : colonnes de faïences multicolores, sphères dorées, quais roses aux formes ondulantes qui rappellent les courbes fantasques de Gaudí… On a rarement vu une gare aussi originale !
Falaises verdoyantes, villages pastel suspendus au-dessus de la mer, parfums de citronniers... Le parc national des Cinque Terre incarne toute la beauté de la côte italienne. Corniglia, l’un des cinq bourgs reliés par le train Cinque Terre Express, en est un joyau discret.
Malgré sa taille modeste, sa gare offre un spectacle grandiose. Depuis le quai, le regard se perd vers l’immensité de la Méditerranée, tandis que le fracas des vagues contre les rochers accompagne chaque arrivée et chaque départ.
Inaugurée en 1871 sous le nom de gare Franz Josef, la gare centrale de Prague a d’abord été imaginée par les architectes Vojtěch Ignác Ullmann et Antonín Barvitius dans un élégant style néo-Renaissance, comme le montrent son dôme majestueux et ses pilastres raffinés. Au début du XXᵉ siècle, l’architecte Josef Fanta y insuffle une touche d’Art nouveau flamboyant, principalement visible dans la salle Fantova et son café emblématique.
Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre : le cabinet d’architecture danois Henning Larsen prépare une transformation ambitieuse qui reliera le bâtiment historique et le hall moderne au parc Vrchlického Sady, grâce à un spectaculaire auvent en bois ouvert sur le ciel.
À première vue, la gare de Flåm ressemble à bien d’autres gares norvégiennes des années 1940. Mais son décor, lui, est tout simplement grandiose : imaginez des sommets enneigés, des forêts luxuriantes et des cascades d’eau tout droit venue des glaciers.
Pas étonnant que le trajet de Flåm à Myrdal soit classé parmi les plus beaux voyages en train au monde. Après une heure d’ascension, on découvre le plateau de Myrdal, perché à 866 mètres d’altitude, et ses sublimes paysages.
Impossible de manquer la façade jaune éclatante de l’Estació del Nord à Valence (à ne pas confondre avec la gare Joaquín Sorolla, située plus au sud). Conçue en 1917 par l’architecte Demetrio Ribes, cette gare de style gothique séduit par sa frise florale riche en couleurs et en détails.
L’intérieur n’est pas en reste avec ses boiseries raffinées et ses mosaïques colorées qui racontent la vie valencienne, avec en vedette les fameuses oranges, les maisons traditionnelles et le lac de l’Albufera.
Ouverte en 2015, la gare de Delft attire immédiatement l’œil avec son cube de verre étincelant qui reflète la ville et le ciel.
Dès l’entrée dans le vaste hall, le regard est happé par une immense carte de Delft de 1877 reproduite au plafond. En l’observant attentivement, on distingue même l’ancienne gare, qui existait à quelques pas de l’actuel bâtiment. Les carreaux modernes, ponctués de bleu et de blanc, disséminés dans tout l’édifice, rendent quant à eux hommage à la célèbre faïence de Delft.
Visiter la gare de Vólos, c’est comme remonter le temps. Point de départ de la ligne de Thessalie en direction de Larissa, cette gare n’a pratiquement pas changé depuis sa construction en 1884. Elle a même résisté aux puissants tremblements de terre qui ont frappé la ville dans les années 1950.
Avec son toit à double pente, ses murs d’un jaune éclatant et ses finitions vert émeraude, le bâtiment séduit au premier regard. Aujourd’hui, son étage abrite un musée où l’on découvre des photos d’époque, des uniformes et des souvenirs qui retracent l’histoire du lieu.
Le métro de Stockholm est souvent considéré comme la plus grande galerie d’art souterraine du monde. Long de 110 km, il est d’ailleurs surnommé « la plus longue exposition d’art au monde ».
Chaque station révèle une personnalité propre. À T-Centralen, des vignes bleues s’entrelacent sur un plafond immaculé, tandis que Stadion éblouit avec son arc-en-ciel monumental. Kungsträdgården, de son côté, surprend avec ses mosaïques fantasques.
Avec ses tourelles de conte de fées coiffées de toits coniques, la gare de Haydarpaşa, à Istanbul, ressemble davantage à un palais européen qu’à un simple hub ferroviaire. Et pour cause, elle a été conçue par des architectes allemands et inaugurée en 1908, dans le cadre du grand projet de chemin de fer entre Berlin et Bagdad via Istanbul.
Fermée depuis l’incendie dévastateur de 2010, la gare est aujourd’hui en pleine restauration. Les travaux visent à lui rendre son éclat d’antan. Sa réouverture est prévue en 2026.
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Loin de son image de ville décrépite, Naples surprend par sa sublime gare futuriste. Face à l’explosion du trafic ferroviaire ces dix dernières années, la ville a dû construire un nouveau terminus pour les trains à grande vitesse en périphérie afin de désengorger la gare centrale.
L’agence de renommée mondiale Zaha Hadid Architects a conçu le bâtiment qui, vu d’en haut, ressemble à un train à grande vitesse qui serpente au sol. D’énormes poutres recouvertes de Corian ont été installées pour créer des vagues au-dessus des voies ferrées. La gare constitue un important centre ferroviaire qui dessert plusieurs lignes de train, notamment les trains à grande vitesse Naples-Rome.
Bien que française aujourd’hui, la ville de Metz a appartenu à l’Allemagne entre 1870 et 1918. Sa gare, construite entre 1904 et 1908, reflète cette période et reste un symbole majeur du quartier impérial.
Construit dans le style néo-roman avec des murs épais, le bâtiment évoque une église médiévale avec ses fenêtres cintrées et ses plafonds voûtés en berceau. Malgré son aspect ancien, la gare a été équipée d’installations modernes telles que l’électricité et le chauffage central.
Avec sa façade en briques rouges, ses fenêtres cintrées et ses tours d’horloge, la gare centrale d’Amsterdam affiche un style profondément gothique. Conçue par l’architecte Petrus Cuypers, la gare a été construite entre 1881 et 1889 sur une île de la baie de l’IJ.
Si la façade historique n’a pas changé depuis 130 ans, l’intérieur a été progressivement modernisé. Aujourd’hui, cet élégant bâtiment compte plusieurs entrées, une station de métro et divers bars et restaurants.
Construite entre 1996 et 2006 dans la capitale allemande, cette gare se distingue par son design ultramoderne fait de verre et d’acier. Depuis, Berlin Hauptbahnhof est devenue la gare multimodale la plus grande et la plus moderne d’Europe.
Ingénieusement conçue, la gare s’articule sur cinq niveaux, ce qui permet aux trains interurbains et aux lignes de métro de banlieue d’aller et venir sans encombre. L’expérience des voyageurs a également été soigneusement prise en compte : même le niveau souterrain le plus bas bénéficie de lumière naturelle.
Parler de Bilbao sans évoquer le design, ce serait comme préparer une tortilla sans pommes de terre : une hérésie ! La ville espagnole abrite non seulement le spectaculaire musée Guggenheim, mais ses entrées de métro ont également été conçues par le célèbre architecte Norman Foster.
La gare de Bilbao-Abando (appelée à l’origine gare du Nord) est tout simplement sublime. Levez les yeux et admirez son vitrail de 10 mètres de haut qui raconte l’histoire de la ville. Avez-vous repéré la basilique de Begoña et le pont San Antón au milieu des pêcheurs et des fondeurs ?
Quatre statues, connues sous le nom de Lyhdynkantajat ou « porteurs de lanternes », montent la garde à l’entrée de la gare centrale d’Helsinki. Conçues par Emil Wikstrom, elles constituent un élément clé du style Art nouveau imaginé par l’architecte Eliel Saarinen.
La conception de la gare a été lancée en 1902, mais sa construction a été retardée en raison de la Première Guerre mondiale. Pendant cette période, la gare inachevée a servi d’hôpital militaire. Lorsque la gare a enfin ouvert ses portes, il était possible d’acheter un billet pour monter dans la tour de l’horloge et admirer la vue sur la capitale finlandaise.
Avec sa spectaculaire entrée en forme de flèche pointée vers le ciel, la gare centrale de Rotterdam s’impose comme un emblème architectural de la ville. La gare d’origine était devenue trop petite face au nombre croissant de voyageurs, alors des travaux de reconstruction ont été menés par le cabinet d’architectes néerlandais MVSA. La nouvelle gare a ouvert ses portes au public en 2014.
Cette façade originale a été conçue de manière à créer une harmonie avec les immenses immeubles modernes qui l’entourent, tandis que l’entrée nord, plus sobre, s’intègre en douceur dans le quartier Provenierswijk.
Du haut de ses 43 mètres, la gare de Budapest-Keleti domine l’avenue Thokoly. Conçu par Gyula Rochlitz, ce bâtiment de style néoclassique se distingue par ses colonnes corinthiennes et ses statues romanes.
Ces statues représentent deux pionniers des chemins de fer : James Watt, l’Écossais qui a inventé la machine à vapeur, et George Stephenson, le célèbre ingénieur britannique. Cependant, lors de son inauguration en 1884, les visiteurs ont surtout été impressionnés par l’éclairage électrique qui illuminait le hall voûté.
Avec son grand dôme voûté et sa tour de l’horloge haute de 67 mètres, la gare de Limoges-Bénédictins se détache du paysage à des kilomètres à la ronde. Depuis 1929, cette création de l’architecte Roger Gonthier est devenue un lieu emblématique de Limoges.
Les vitraux, la plaque qui porte son nom et les colonnes surmontées de statues témoignent d’un subtil mélange de styles, entre néoclassique, Art nouveau et Art déco. La gare a également servi de décor à une publicité pour Chanel n°5 avec Audrey Tautou.
Deux blocs de glace ondulants scintillent au soleil à la Hungerburgbahn d’Innsbruck. Cette surprenante entrée mène à l’une des quatre stations du téléphérique Nordpark de la ville, conçues par Zaha Hadid Architects.
Elle a été inspirée par les glaciers des montagnes au nord d’Innsbruck. Le Royal Institute of British Architects (RIBA) a décerné à Hungerburgbahn son prestigieux prix européen RIBA en 2008 pour son architecture exceptionnelle.
Peu de gares sont aussi isolées que celle de Corrour en Écosse : aucune route publique ne la dessert. Cette minuscule gare est située au bord du Rannoch Moor, dans les Highlands écossaises. À 408 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle a été désignée comme la gare ferroviaire la plus haute du Royaume-Uni.
Si vous avez vu le film Trainspotting (1996), la gare de Corrour vous sera peut-être familière : c’est là que Renton, Tommy, Spud et Sick Boy se promènent dans la campagne.
En plein cœur de Paris se trouve la gare du Nord, la plus fréquentée d’Europe. Imaginé par l’architecte français Jacques Ignace Hittorff en 1860, ce majestueux édifice de fer et de verre a ouvert ses portes en 1864, même si sa construction n’a été achevée qu’un an plus tard.
La façade néoclassique de la gare est ornée de 23 statues : chacune représente une ville desservie par le chemin de fer, dont Londres, Berlin et Varsovie. L’intérieur a été entièrement rénové pour les Jeux olympiques de Paris 2024.
Au nord de Reggio d’Émilie, des vagues de métal blanc se déploient dans le ciel : elles abritent la gare Reggio d’Émilie-Mediopadana, conçue par l’architecte Santiago Calatrava.
Lauréate du prix ECCS European Steel Design Award en 2009, cette gare au style futuriste a été construite au-dessus d’un viaduc existant et d’une ligne ferroviaire à grande vitesse. À l’intérieur, le toit à lamelles crée un motif clair-obscur sur le sol. Prenez le train à grande vitesse reliant Milan et Bologne pour admirer ce chef-d’œuvre architectural de vos propres yeux.
La plus grande gare d’Espagne, Madrid Atocha, abrite une surprise en son cœur : un jardin botanique de 4 000 mètres carrés. Construite en 1851, la gare a été repensée dans les années 1980 pour accueillir les trains à grande vitesse.
L’ancien terminal ferroviaire a été remplacé par un élégant centre commercial conçu autour d’une jungle intérieure. Plus de 100 espèces de plantes d’Amérique, d’Asie et d’Australie composent cet intérieur luxuriant ; certains palmiers atteignent presque le plafond de 27 mètres de haut.
Avec sa tour d’horloge pointue, ses rosaces et sa façade en briques rouges, St Pancras est un merveilleux exemple d’architecture gothique de la deuxième moitié du XIXe sècle. Inaugurée en 1868, la gare a été conçue par William Henry Barlow et George Gilbert Scott.
À l’époque, son hangar à trains était la plus grande structure en fer au monde. L’hôtel de luxe cachée derrière la façade existe encore aujourd’hui tandis que Searcys, situé dans le bâtiment moderne de la gare, possède le plus long bar à champagne d’Europe.
À 3 454 mètres au-dessus du niveau de la mer, le col de la Jungfraujoch relie deux grandes montagnes suisses, la Jungfrau et le Mönch. Fait remarquable, il abrite une gare, juste en dessous de l’observatoire du Sphinx.
Depuis 1912, le chemin de fer de la Jungfrau, long de 9 km, conduit les visiteurs jusqu’au sommet. La vue depuis cette gare est incomparable, avec le Plateau suisse d’un côté et le glacier d’Aletsch de l’autre.
La deuxième plus grande gare d’Italie mêle harmonieusement plusieurs styles architecturaux, dont le Liberty (Art nouveau italien) et l’Art déco. Achevé en 1923, cet édifice grandiose a été influencé par Benito Mussolini, le premier ministre de l’époque.
Le rez-de-chaussée abrite une salle d’attente cachée, connue sous le nom de Pavillon royal, qui a été construite pour la famille royale italienne en 1931. Ouvrez bien l’œil et vous apercevrez peut-être le passage secret dissimulé derrière l’un des miroirs. Il avait été pensé pour servir d’issue de secours aux membres de la famille royale.
Avec son toit futuriste en forme d’éventail, la gare de Liège-Guillemins est unique en son genre. Conçu par l’architecte catalan Santiago Calatrava, à qui l’on doit également la gare de Reggio d’Émilie et la gare d’Oriente à Lisbonne, le toit s’étend sur 200 mètres de large et abrite cinq quais.
La structure de verre et d’acier offre une transparence complète et crée un lien visuel entre la ville et le bâtiment de la gare. L’ouvrage a coûté 432 millions d’euros.
En entrant dans la gare de São Bento, à Porto, votre regard se portera immédiatement sur les magnifiques carreaux bleus et blancs (ou azulejos) qui ornent ses murs. Au total, ce sont 22 000 carreaux peints par l’artiste Jorge Colaço au début des années 1900 qui représentent des scènes de l’histoire du Portugal.
Édifiée sur l’emplacement d’un ancien couvent, la gare a été conçue par José Marques da Silva, dont le style porte une forte influence de l’architecture française.
Autre création de l’architecte Sanitago Calatrava : la gare d’Oriente à Lisbonne. Située au nord de la capitale portugaise, près de l’aéroport international de Lisbonne, cet édifice contemporain s’inspire de l’architecture gothique.
Des dizaines d’« arbres » en acier blanc s’entremêlent pour créer une canopée au-dessus des quais. L’entrée principale est décorée du motif en éventail, signature de l’architecte, tandis que les quais sont ornés de fresques colorées créées par des artistes internationaux, parmi lesquels Yayoi Kusama et Antonio Seguí.
Si l’on voulait décrire ce chef-d’œuvre architectural, on pourrait parler de « mélange éclectique de style baroque et médiéval », pour reprendre les mots de son créateur, Louis Delacenserie. Construite entre 1899 et 1905, la gare d’Anvers-Central a été surnommée la « cathédrale ferroviaire » en raison de son aspect grandiose digne des plus grands édifices religieux.
L’imposant auvent de quai, fait d’acier et de verre, s’élève à 43 mètres de hauteur et a été pensé pour canaliser la fumée des trains à vapeur. Son plafond voûté surmonté d’un dôme culminant à 75 mètres s’inspire directement du Panthéon de Rome.
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