Des trésors naturels aux sites classés au patrimoine mondial, de nombreuses destinations prisées des voyageurs sont aujourd’hui menacées. Le réchauffement climatique, la pression touristique et l’urbanisation croissante mettent en péril des destinations emblématiques telles que les Galápagos, la Grande Muraille de Chine ou encore les canaux de Venise.
Voici un aperçu de ces lieux menacés, dont la survie dépend plus que jamais de notre capacité à les préserver.
Adaptation française par Aurélie Blain
Nombreux sont celles et ceux qui rêvent de faire de la plongée ou du snorkeling près de la Grande Barrière de corail, et à juste titre.
Ce récif, plus grande structure vivante de la planète, longe la côte est de l’Australie sur plus de 2 300 km. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il abrite 1 600 espèces de poissons, 600 variétés de coraux et 180 espèces de requins.
Explorer ses eaux cristallines et ses récifs aux couleurs éclatantes est une expérience véritablement inoubliable.
Ce site exceptionnel souvent cité parmi les sept merveilles naturelles du monde est désormais en danger. Le réchauffement des eaux lié au changement climatique menace en effet sa survie.
En seulement sept ans, on a recensé quatre épisodes massifs de blanchissement des coraux. La bonne nouvelle, c’est que les coraux peuvent se régénérer. La mauvaise, c’est que cela n’arrive que si les températures baissent et que les conditions redeviennent favorables.
L’acidification des océans, les phénomènes météorologiques extrêmes et les transformations de l’habitat comptent parmi les autres menaces qui pèsent sur le récif.
Jusqu’à 30 millions de visiteurs se rendent chaque année dans la « Cité flottante » pour admirer ses palais les pieds dans l’eau, contempler la célèbre place Saint-Marc, voguer en gondole sur ses 150 canaux et traverser plus de 400 ponts reliant les 118 îles de la lagune.
Fondée au Ve siècle, Venise devient une puissance maritime au XIe siècle avant d’occuper tous les imaginaires grâce à ses monuments emblématiques comme le pont du Rialto, immortalisés par des artistes tels que Titien, Canaletto ou Monet.
Mais Venise est aujourd’hui victime de son succès : tourisme de masse, montée des eaux combinée à l’affaissement des fondations et canicules à répétition sont autant de menaces qui pèsent sur la ville.
Plusieurs mesures ont été prises pour y remédier, notamment l’interdiction des paquebots de croisière, l’instauration d’un droit d’entrée de 5 € pour les visiteurs à la journée, l’interdiction des haut-parleurs et la limitation des groupes touristiques à 25 personnes.
Le système de digues mobiles MOSE, en fonction depuis 2020, a également permis de mieux protéger cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO des inondations.
Les orangs-outans (du mot malais signifiant « personne de la forêt ») ne vivent qu’à deux endroits dans le monde : sur l’île indonésienne de Sumatra et sur l’île de Bornéo, la troisième plus grande au monde.
Ces mammifères arboricoles, les plus grands de leur espèce, sont fascinants à observer dans leur milieu naturel. Très intelligents — ils partagent 96,4 % de notre ADN —, ils se distinguent aussi par leur douceur et leur calme remarquables.
C’est dans des sanctuaires et centres de réhabilitation que l’on observe le mieux les orangs-outans. Ces structures œuvrent à la protection de cette espèce menacée par la déforestation, la chasse et le commerce illégal.
Il y a cent ans, on estimait leur population totale à 230 000 individus, mais on ne compte plus aujourd’hui qu’environ 104 700 orangs-outans de Bornéo (classés « en danger »), 7 500 de Sumatra (« en danger critique ») et à peine 800 orangs-outans Tapanuli, considérés comme le grand singe le plus menacé de la planète.
Le Salar d’Uyuni attire près de 24 000 visiteurs par an, venus contempler ce paysage miroitant à couper le souffle.
Le plus grand désert de sel au monde n’est autre qu’un ensemble d’anciens lacs préhistoriques aujourd’hui asséchés.
Il est formé d’une croûte épaisse de sel qui semble se fondre dans les montagnes enneigées à l’horizon. De décembre à avril, la surface recouverte d’eau se transforme en un gigantesque miroir, puis se craquelle en motifs géométriques naturels une fois cette eau évaporée.
Outre le sel, le Salar d’Uyuni est aussi la plus grande réserve mondiale de lithium, cet « or blanc » indispensable à la fabrication des téléphones, ordinateurs et véhicules électriques.
La région, surnommée le « triangle du lithium », est si stratégique que la compagnie minière publique bolivienne a inauguré en 2023 sa première usine d’extraction. Cette exploitation suscite de vives inquiétudes : pollution, pénuries d’eau et contamination des sols pourraient en effet déstabiliser un écosystème déjà fragile.
Depuis sa « redécouverte » par l’archéologue américain Hiram Bingham en 1911, la citadelle inca du Machu Picchu n’a cessé de fasciner les voyageurs.
Ce site du XVe siècle, perché à 2 430 m d’altitude composé de palais, de terrasses et de temples en pierre, figure parmi les sites les plus célèbres et mystérieux d’Amérique du Sud.
Bien qu’il soit possible d’y accéder en train, de nombreux touristes préfèrent emprunter le mythique Chemin de l’Inca, une randonnée exigeante de 43 km.
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Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Machu Picchu risque de s’effondrer. En cause : l’érosion naturelle, mais aussi les effets néfastes du surtourisme, comme les déchets laissés sur place ou encore les actes de vandalisme.
Ces préoccupations ont conduit à des efforts accrus pour préserver ce site historique et sacré.
Alors que le secteur touristique du pays peine encore à se remettre de la pandémie, le gouvernement péruvien a décidé, début 2024, d’augmenter significativement le quota de visiteurs autorisés chaque jour à se rendre sur le site. Une mesure largement critiquée, au vu des impacts déjà bien connus du surtourisme sur le Machu Picchu.
La statue de la Liberté, qui incarne depuis longtemps les idéaux américains d’égalité, de démocratie et de liberté, est l’un des sites touristiques les plus emblématiques au monde.
Haute de 93 mètres, elle a été construite en France en 1884, puis acheminée par bateau à travers l’Atlantique avant d’être érigée en fanfare sur son piédestal en 1886.
Tous les visiteurs peuvent acheter un billet pour admirer la vue spectaculaire sur New York depuis le balcon du piédestal, mais seul un nombre limité de personnes peut également gravir les 215 marches menant à la couronne, pour profiter d’un panorama encore plus impressionnant.
Située en plein cœur du port de New York, la statue de la Liberté est particulièrement exposée aux éléments — comme l’a démontré l’ouragan Sandy en 2012.
Certains scientifiques ont en effet déjà averti des conséquences de tempêtes de plus en plus violentes sur le monument : selon le NYC Panel on Climate Change, le niveau de la mer à New York pourrait augmenter de 20 à 76 cm d’ici 2050, et de 38 à 190 cm d’ici 2100.
Restaurée à l’occasion de son centenaire en 1986, la statue fait l’objet de travaux continus pour sa préservation.
Avec leurs plages immaculées, leurs eaux turquoise et certains des complexes hôteliers les plus luxueux au monde, les Maldives ont attiré près de 1,8 million de touristes en 2023.
Composé de 1 190 îles, dont seulement 200 sont habitées, l’archipel et ses eaux foisonnent de vie marine, avec plus de 1 000 espèces de poissons et plus de 2 000 récifs coralliens : un véritable paradis pour les amateurs de plongée et de snorkeling.
L’atoll de Baa, l’un des 27 que compte le pays, est par ailleurs classé réserve de biosphère par l’UNESCO.
Ce sont pourtant ces eaux cristallines qui attirent tant de visiteurs qui menacent l’existence même des Maldives, dont 80 % du territoire se situe sous le niveau de la mer.
Certains scientifiques prédisent même que l’archipel, de ce fait extrêmement vulnérable au changement climatique, pourrait être entièrement submergé d’ici 2100.
Pour tenter d’atténuer les effets de la crise climatique, le pays a mis en place un plan national d’adaptation visant à renforcer la résilience des atolls face à la montée des eaux et à l’élévation des températures.
Nichée dans la province canadienne du Manitoba, Churchill a hérité du surnom de « capitale mondiale de l’ours polaire ».
On estime qu’environ 1 200 de ces majestueux animaux traversent la région chaque année entre octobre et début novembre.
Les ours polaires consacrent plus de la moitié de leur temps à chasser, avant de migrer pour traquer les phoques à l’approche de l’hiver. Churchill est aussi un refuge pour les bélugas, les hiboux et les loups arctiques, ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux. Et tout au long de l’année, on peut y admirer les aurores boréales.
Dans la baie d’Hudson, les ours polaires sont de plus en plus menacés par la famine. Le changement climatique prolonge la période sans glace sur la mer, ce qui les empêche d’accéder à leur principale source de nourriture : les phoques annelés et barbus.
Ils doivent donc puiser plus longtemps dans leurs réserves de graisse pour survivre, car la saison de chasse se raccourcit chaque année.
Résultat : la population d’ours polaires dans la région a chuté de 30 %, passant de 1 185 individus en 1987 à seulement 806 en 2011.
Située dans la « vallée des Dieux », sur la péninsule du Péloponnèse, Olympie est l’un des plus grands sites archéologiques de Grèce.
En plus d’avoir été autrefois le lieu sacré le plus renommé de la Grèce antique, le complexe est surtout connu comme le berceau des Jeux olympiques, organisés ici tous les quatre ans entre le VIIIᵉ av. J.-C. et le IVᵉ siècle apr. J.-C.
Même si seuls subsistent les vestiges de ses anciens bâtiments, le site permet encore de ressentir toute son importance à l’époque antique.
Si la flamme olympique continue d’être allumée à Olympie à chaque Jeux — comme lors des Jeux de Paris 2024 —, d’autres flammes bien moins symboliques ont aussi attiré l’attention sur le site.
En 2007, un violent incendie a ravagé les alentours du site. Si les ruines ont été épargnées, le paysage qui l’entoure a, lui, été sévèrement touché.
Et avec la multiplication des épisodes caniculaires, la menace s’intensifie pour de nombreux sites antiques en Grèce.
Bordeaux concentre la plus grande densité de vignobles de qualité au monde.
Dans le sud-ouest de la France, la culture de la vigne remonte à plus de deux mille ans et le vin fait partie intégrante du mode de vie. On y recense au moins 6 000 châteaux — voire davantage selon certaines estimations — qui produisent plus de 600 millions de bouteilles chaque année.
Entre deux dégustations, les visiteurs peuvent explorer des villes médiévales, des villages historiques ou encore de superbes trésors architecturaux disséminés un peu partout dans la région.
Bordeaux est réputée pour ses méthodes de vinification traditionnelles, perfectionnées au fil des siècles.
Comme toute production agricole, la viticulture subit de plein fouet les conséquences du changement climatique — et ses effets sont déjà perceptibles.
Si des étés plus chauds et plus secs, combinés à des hivers plus frais et humides, pourraient théoriquement bonifier certains crus, la réalité est plus complexe : canicules, sécheresses et nouvelles préférences des consommateurs poussent de plus en plus de producteurs à arracher leurs vignes pour y planter d'autres cultures.
Dominant l’Afrique de ses 5 895 mètres, le mont Kilimandjaro, volcan éteint au sommet enneigé, est le plus haut point du continent.
Chaque année, ils sont près de 35 000 à se lancer à l’assaut de cette montagne mythique, devenue l’une des destinations les plus courues des alpinistes du monde entier.
Si l’ascension ne requiert aucune compétence technique, le mal d’altitude reste un défi pour bon nombre de grimpeurs. Ceux qui atteignent le sommet après cinq à neuf jours de marche découvrent, en guise de récompense, des paysages saisissants, des glaciers étincelants et des levers et couchers de soleil à couper le souffle.
La calotte glaciaire du Kilimandjaro fond à un rythme alarmant : en un siècle, elle a déjà perdu 90 % de sa superficie.
Si le réchauffement climatique joue un rôle certain, la déforestation — motivée par les besoins agricoles, la production de bois de chauffage et de charbon — accentue encore le phénomène.
Le manque de végétation assèche la montagne, entraîne une baisse des précipitations et fragilise l’accès à l’eau, aussi bien pour les glaciers que pour les populations locales.
D’après l’ONU, les glaciers du Kilimandjaro, ici depuis 11 700 ans, pourraient avoir totalement disparu d’ici 2050.
Selon la légende, une princesse mythique de l’île de Komodo aurait donné naissance à deux fils : l’un était humain, l’autre, un lézard. Ensemble, ils auraient appris à vivre en harmonie sur cette terre surnommée depuis « l’île des dragons ».
Un esprit de cohabitation qui perdure encore aujourd’hui. Les habitants partagent leur territoire avec les impressionnants dragons de Komodo — les plus grands lézards du monde — que les passionnés de faune sauvage peuvent observer dans leur environnement naturel. Ces reptiles peuvent atteindre jusqu’à trois mètres de long.
L’île abrite également d’autres espèces endémiques, comme le rat de Komodo, le Talégalle de Latham ou encore le cacatoès à huppe jaune.
Le dragon de Komodo figure sur la liste des espèces en danger établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui estime à moins de 1 400 le nombre d’adultes encore en vie dans le monde.
La plupart d’entre eux vivent dans le parc national de Komodo, où ils bénéficient d’une protection relativement efficace. Mais la menace persiste : la perte progressive de leur habitat, liée au changement climatique, met leur survie en péril.
En 2019, les autorités indonésiennes avaient envisagé de fermer le parc aux visiteurs pendant un an pour mieux protéger les dragons — un projet finalement abandonné.
La Grande Muraille de Chine est l’un des plus grands exploits d’ingénierie jamais réalisés.
Elle s’étend sur 21 196 km, de la province de Shanhaiguan à l’est, près de la mer Jaune, jusqu’à Jiayuguan à l’ouest, près du désert de Gobi.
Sa construction s’est étalée du IIIᵉ siècle avant J.-C. au XVIIᵉ siècle après J.-C. Elle faisait alors partie d’un vaste projet de défense militaire le long de la frontière nord. Bien que certaines sections soient aujourd’hui en ruine ou effondrées, l’ouvrage inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987 n’en demeure pas moins impressionnant.
Des millénaires plus tard, la muraille est désormais menacée à la fois par les éléments et par l’activité humaine. On estime qu’un tiers de l’ouvrage a déjà disparu, et que seulement 8 % demeurent en bon état de conservation. Une partie du problème est directement due à l’érosion naturelle, et l’autre aux comportements irresponsables de certains des 10 millions de visiteurs annuels venus l’admirer.
La disparition progressive de la Grande Muraille s’explique aussi par son détournement à des fins domestiques : pendant des années, des habitants ont utilisé ses pierres pour construire maisons ou enclos à bétail.
Un exemple marquant a eu lieu en 2023, lorsqu’une section a été gravement endommagée par des ouvriers ayant creusé un passage à la pelleteuse pour gagner du temps. Un raccourci qui a laissé une cicatrice béante dans ce monument millénaire.
Les îles Galápagos fascinent depuis longtemps les passionnés de faune sauvage — et pour cause : c’est ici que Charles Darwin a jeté les bases de sa théorie de l’évolution par sélection naturelle.
Classé au patrimoine mondial, l’archipel est qualifié par l’UNESCO de « musée vivant et vitrine de l’évolution », en raison de l’incroyable diversité d’espèces qui s’y sont développées. Parmi les plus emblématiques figurent les tortues géantes, véritables symboles des lieux. Ces tortues, qui peuvent vivre plus de 100 ans, ont d’ailleurs donné leur nom aux îles : galápago signifie « tortue » en espagnol.
Bien qu’elles abritent l’une des faunes les mieux protégées au monde, les Galápagos sont confrontées à plusieurs défis environnementaux.
L’introduction d’espèces envahissantes, qu’elle soit volontaire ou accidentelle, constitue une menace majeure pour la biodiversité locale.
El Niño, phénomène climatique capable de bouleverser rapidement les populations animales de l’archipel, constitue une menace supplémentaire. Protéger cette faune est aussi essentiel pour l’économie locale, largement fondée sur l’écotourisme.
La forêt amazonienne est le plus vaste et le plus riche réservoir biologique de la planète : elle abrite en effet plus de trois millions d’espèces animales et végétales, ainsi que plus de 2 500 espèces d’arbres.
Couvrant 6 millions de km² et s’étendant sur neuf pays (principalement le Brésil), on y découvre chaque jour une nouvelle espèce animale ou végétale.
La meilleure façon de l’explorer est d’emprunter un bateau sur le fleuve Amazone ou de séjourner en pleine jungle dans un lodge à proximité de réserves naturelles.
Les arbres et sols de l’Amazonie stockeraient entre 150 et 200 milliards de tonnes de carbone.
Pourtant, malgré son rôle vital dans le climat mondial, la forêt reste gravement menacée. Selon des climatologues, jusqu’à 47 % de sa surface pourrait être en danger d’ici 2050, sous l’effet combiné du réchauffement, de la déforestation, des sécheresses et des incendies.
Des efforts sont toutefois en cours : des engagements ont été pris pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030, avec, entre autres, le Brésil parmi les pays signataires.
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