Les apparences peuvent être trompeuses : derrière certains des monuments les plus emblématiques du monde se dissimulent des passages secrets dont l’existence est rarement révélée.
Conçus pour fuir, se dissimuler ou agir dans l’ombre, ces tunnels et portes dérobées ont traversé les siècles, au cœur de lieux que l’on pense bien connaître. Des arêtes de poisson à Lyon au château de Versailles en passant par la Chambre des communes à Londres, ces passages et tunnels racontent une autre histoire, souvent méconnue.
Découvrez ces passages secrets et tunnels qui recèlent encore bien des mystères.
Adaptation française par Margaux Cervatius
Connus sous le nom d’« Erdstall », les souterrains-refuges intriguent autant qu’ils fascinent. Présents un peu partout en Europe, on les retrouve surtout dans le sud-est de l’Allemagne, en Bavière, ainsi qu’en Autriche. Mais pourquoi ont-ils été construits ? Et à quoi servaient-ils ? Autant de questions qui laissent encore aujourd’hui les historiens dans le flou.
Si ces souterrains semblent avoir été creusés au Moyen Âge, certains avancent qu’ils pourraient remonter à l’âge de pierre. Une seule certitude subsiste : ils sont là depuis des millénaires, entre 5 000 et 12 000 ans. Généralement très bas, étroits et de forme ovale, ces tunnels s’étendent sur une longueur de 20 à 50 mètres. Plus étonnant encore : beaucoup d’entre eux sont si exigus (environ 40 cm de diamètre) qu’ils semblent impraticables pour un être humain.
Nous ne saurons peut-être jamais vraiment pourquoi ces étranges passages existent, mais certaines théories laissent songeur. Certains avancent l’idée d’un vaste réseau souterrain qui s’étendait autrefois de l’Écosse à la Turquie, bien qu’aucune preuve concrète ne vienne appuyer cette hypothèse. Les scientifiques, eux, penchent plutôt pour une utilisation plus pragmatique : ces tunnels auraient servi de cachettes en temps de guerre ou de conflit.
Le mot Erdstall, d’origine allemande, peut se traduire par « étable de terre » ou « tunnel minier ». De quoi alimenter l’idée que ces espaces dissimulés sous nos pieds aient pu être utilisés comme abris ou puits d’extraction.
Aujourd’hui, on recense environ 2 000 souterrains-refuges en Europe, mais les spécialistes sont convaincus que de nombreux autres tunnels attendent encore d’être découverts.
Des métros modernes aux anciens canaux d’eau, la capitale espagnole dissimule un vaste réseau souterrain qui s’étendrait sur près de 4 000 kilomètres. Mais parmi cette multitude de routes, de tunnels et de passages, aucun n’attise autant la curiosité que le mystérieux tunnel de Bonaparte.
Cette photo montre l’extérieur de ce passage souterrain conçu pour Joseph Bonaparte, frère de Napoléon et roi d’Espagne malgré lui. Impopulaire auprès de la population, qui voyait en lui un symbole de l’occupation française, Joseph Bonaparte vivait sous la menace constante d’un soulèvement. Selon Fascinating Spain, il aurait donc fait aménager ce tunnel pour pouvoir circuler discrètement et en toute sécurité entre le palais royal et sa résidence de la Casa de Campo, à l’abri des regards… et des attaques.
La construction de ce tunnel fut confiée à Juan de Villanueva, éminent architecte royal et figure majeure du style néoclassique en Espagne. Ce passage simple mais fonctionnel, long de plus de 50 mètres, fut construit en 1811 pour relier les jardins du palais de Campo del Moro à la Casa de Campo.
Après la fuite de Joseph Ier hors de Madrid, le tunnel ne tomba pas dans l’oubli pour autant. Il fut repris par son successeur, Ferdinand VII, considéré par beaucoup comme l’un des souverains les plus odieux qu’ait connus l’Espagne.
En 1931, avec la transformation de la Casa de Campo en jardin public, le tunnel Bonaparte fut brièvement ouvert au public. Mais dans les années 1970, la construction d’une autoroute a entraîné sa fermeture définitive. Aujourd’hui, seule une plaque commémorative signale l’existence de ce passage oublié.
Siège du gouvernement américain, Capitol Hill abrite un vaste ensemble de bâtiments emblématiques, dont le Capitole, la Chambre des représentants, le Sénat et la Bibliothèque du Congrès. Cet ensemble est une véritable fourmilière, à la surface comme en sous-sol.
En effet, sous ce haut lieu de la démocratie américaine s’étend un réseau tentaculaire de tunnels secrets. Reliant entre eux les principaux bâtiments du complexe, ces passages souterrains permettent aux responsables politiques de circuler discrètement, rapidement et en toute sécurité.
Les tunnels qui serpentent sous Capitol Hill abritent également le métro privé du Capitole métro privé du Capitole. Ce mode de transport souterrain caché sous la surface, loin des regards, est privilégié par les politiciens, les juges de la Cour suprême, les présidents et même certains chefs d’État étrangers en visite officielle.
Mis en service en 1909, ce métro avait pour objectif initial de relier le Russell Senate Office Building au Capitole, afin de permettre aux sénateurs et aux membres du Congrès de rejoindre rapidement et en toute sécurité les salles de vote depuis leurs bureaux. À l’époque, de simples voitures desservaient la ligne.
Plus d’un siècle plus tard, le système a évolué. Aujourd’hui, un train automatique transporte les membres des deux chambres à travers ce réseau souterrain. Le métro du Capitole compte désormais trois lignes : deux desservent la partie nord du complexe, siège du Sénat, et une troisième relie la Chambre des représentants, au sud.
Située à Philadelphie, en Pennsylvanie, Lynnewood Hall est l’une des plus vastes et majestueuses demeures historiques des États-Unis. Surnommée le « dernier Versailles américain » pour son impressionnante architecture néoclassique, cette propriété de 195 hectares symbolise toute la démesure du Gilded Age, une période de prospérité pour le pays de l’Oncle Sam au tournant du XXe siècle.
Elle fut construite en 1900 pour Peter A. B. Widener, un magnat des affaires qui, en 1912, perdra son fils et son petit-fils dans le naufrage du Titanic.
Marquée par cette tragédie, la demeure a changé de propriétaire à plusieurs reprises avant d’être abandonnée pendant plus de dix ans. Pourtant, malgré son état de délabrement, son allure est restée intacte au fil du temps.
Cette propriété à l’abandon n’a cependant pas livré tous ses secrets. Derrière sa grandeur passée et ses marques d’usure, cette grande demeure cache un réseau de tunnels souterrains qui, à son apogée, permettait une organisation interne d’une efficacité impressionnante.
En 2021, Leland Kent, le photographe derrière le compte Instagram Abandoned Southeast, a découvert dans le sous-sol de Lynnewood Hall l’entrée d’un impressionnant réseau de tunnels souterrains. Parsemés de débris, ces passages dessinent un réseau complexe. Ils permettaient probablement au personnel de l’époque de se déplacer en toute discrétion, à l’abri des regards de la famille Widener. On suppose également que ces souterrains abritaient les systèmes de plomberie et d’évacuation des eaux de la demeure.
Récemment acquise en 2023 par la Lynnewood Hall Preservation Foundation, la propriété fait désormais l’objet d’un ambitieux projet de restauration qui vise à lui rendre toute sa splendeur d’antan. De nouvelles découvertes pourraient bien émerger au fil des travaux.
L’un des bâtiments les mieux protégés de Londres a révélé un secret inattendu lors d’un projet de restauration en 2020 : un passage secret dissimulé sous les lambris historiques de la Chambre des communes. Même le personnel de sécurité en ignorait l'existence !
Selon des documents d’archive, ce mystérieux corridor vieux de 360 ans aurait été construit pour le couronnement du roi Charles II en 1660 afin de permettre aux invités d’accéder discrètement au Westminster Hall, où se tenait le banquet officiel.
Pendant un temps, ce tunnel a même servi d’entrée principale à la Chambre des communes. Parmi les personnalités politiques qui l’auraient emprunté figure notamment le célèbre diariste Samuel Pepys.
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En 1851, l’entrée du passage est murée, mais le tunnel, lui, demeure intact. Les ouvriers du XIXᵉ siècle chargés de ces travaux laissent derrière eux des graffitis sur l’un des murs. Ces inscriptions dont les traces sont encore visibles aujourd’hui, comme le rapporte la chaîne d’information britannique ITV News.
Le passage refait brièvement surface en 1950, à l’occasion de réparations liées aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Mais il est rapidement refermé, puis tombe de nouveau dans l’oubli… jusqu’à sa redécouverte, en 2020, par une équipe d’historiens.
Sous les squares verdoyants du quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, secache un secret bien gardé : les « arêtes de poisson ». Ce réseau souterrain de 32 tunnels parallèles en pierre, ainsi nommé pour sa structure qui évoque un squelette de poisson, reste l’un des mystères architecturaux les plus fascinants de la ville.
Découvert en 1959 par des agents municipaux, le site est longtemps resté confidentiel, ses accès demeurant clos pendant des décennies. Aujourd’hui, il est possible d’y accéder via certaines bouches d’égout, mais on pense qu’une entrée historique, plus discrète, est cachée quelque part dans l’église Saint-Bernard de Lyon.
La raison d’être de ces tunnels reste encore à ce jour un véritable mystère. Fait surprenant, chaque galerie, longue de 30,5 mètres, se termine brusquement sur un mur de briques, ce qui a nourri une multitude de théories.
L’origine exacte de ce réseau souterrain est tout aussi obscure. Si une étude archéologique menée en 2013 a estimé que le complexe remonte à une époque antérieure au Moyen Âge, Walid Nazim, auteur du livre L’énigme des arêtes de poisson, avance une hypothèse plus précise : ces tunnels pourraient être liés à Guillaume de Beaujeu, dernier grand-maître des Templiers.
Selon l’auteur, Guillaume de Beaujeu possédait autrefois les terres sur lesquelles ces « arêtes de poisson » ont été construites au XIIIe siècle. Il suggère que ce labyrinthe aurait pu servir de chambre forte pour abriter les trésors des Templiers.
Quoi qu’il en soit, ce mystère architectural reste entier et il se pourrait bien qu’il ne soit jamais élucidé.
Longtemps classés confidentiels en vertu de l’Official Secrets Act, une loi britannique qui encadre la divulgation d’informations sensibles touchant à la sécurité nationale, ces tunnels qui s’étendent sur près d’un kilomètre sous le centre de Londres renferment un pan méconnu mais fascinant de l’histoire de Londres. Construits dans les années 1940, ils étaient conçus comme abris antiatomiques, destinés à protéger les Londoniens lors des bombardements dévastateurs du Blitz.
Enfouis à 40 mètres sous la station de métro Chancery Lane, ces souterrains fortifiés sont restés inaccessibles au public après la guerre. Ils furent ensuite reconvertis en base secrète pour le Special Operations Executive, une unité clandestine créée par Winston Churchill pour mener des actions de sabotage derrière les lignes ennemies. Cette organisation, rattachée au MI6, aurait d’ailleurs inspiré la célèbre section Q dans l’univers de James Bond.
Pendant la guerre froide, les tunnels connaissent une nouvelle vie sous le nom de Kingsway Telephone Exchange. Ce centre de communication ultra-secret joue un rôle stratégique dans les échanges internes du Royaume-Uni et héberge même une ligne confidentielle reliant directement le président américain Dwight Eisenhower au dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.
Dans les années 1980, le site est racheté par British Telecom, qui y aménage plusieurs espaces pour le confort de ses employés : un bar, présenté comme le plus profond du monde, une salle de jeux et même un aquarium tropical.
Abandonnés à la fin des années 1980, ces souterrains font aujourd’hui l’objet d’un vaste projet de réhabilitation, avec l’ambition de les ouvrir prochainement au grand public.
Sous les terres d’une campagne en apparence tranquille, non loin de la ville polonaise de Międzyrzecz, s’étend un monde souterrain insoupçonné. Cette région, allemande avant la Seconde Guerre mondiale, conserve l’un des vestiges les plus spectaculaires de l’architecture militaire nazie.
Dès 1934, peu après l’ascension d’Hitler au pouvoir, débute la construction d’un vaste réseau de fortifications. L’objectif : bâtir l’une des principales lignes de défense du Troisième Reich. Bunkers, postes d’observation et tunnels s’y entremêlent sur plus de 40 kilomètres, plongeant jusqu’à 40 mètres de profondeur.
Sur cette photo, on aperçoit l’une des entrées de ce réseau colossal, à demi enfouie et peinte en vert pour se fondre dans le paysage.
Les tunnels abritaient des ateliers, des zones de stockage, des générateurs, ainsi que des baraquements pour les troupes allemandes. Plus étonnant encore : ils comportaient de véritables gares souterraines, où circulaient de petits trains sur des voies intégrées au complexe. Ces convois étroits acheminaient soldats, armes et ravitaillement vers les bunkers, répartis de manière stratégique tout au long du parcours. Ce vaste dédale a longtemps été surnommé la « ville souterraine secrète » de l’Allemagne nazie.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les installations ont été désertées. Mais le site n’a pas sombré dans l’oubli pour autant. Aujourd’hui, il est reconnu comme l’un des plus vastes refuges souterrains pour les chauves-souris en Europe.
Aujourd’hui site touristique prisé, le Passetto di Borgo attire chaque année des milliers de visiteurs. Pourtant, à l’origine, ce passage surélevé avait une fonction bien plus stratégique : offrir une voie de fuite secrète au pape, lui permettant de s’enfuir du château Saint-Ange vers la cité du Vatican.
Long de 799 mètres, ce couloir est habilement dissimulé dans ce qui pourrait passer pour un simple mur de fortification. Sa construction remonte à 1277, sous le pontificat de Nicolas III. C’est cependant le pape Borgia, Alexandre VI, qui lui donne sa forme actuelle en 1492.
Au fil de l’histoire, au moins deux papes ont emprunté le Passetto di Borgo pour fuir un péril imminent. Le premier fut Alexandre VI, qui en 1494 s’y engouffra pour échapper à l’invasion de Rome par Charles VIII. Le second, Clément VII, l’utilisa lors du sac de Rome en 1527, alors que la ville tombait aux mains des troupes de l’empereur Charles Quint.
Après ces épisodes mouvementés, le passage tombe dans l’oubli pendant plusieurs siècles, lentement gagné par le temps et la décrépitude. Il faudra attendre l’an 2000 pour qu’il soit enfin restauré. On dit que la Garde suisse conserverait encore aujourd’hui une clé du Passetto… au cas où le pape devrait, un jour, reprendre la fuite.
Hôtel emblématique de Times Square, le Knickerbocker incarne toute l’élégance du style Beaux-Arts. Inauguré en 1906, ce joyau architectural appartenait à John Jacob Astor IV, l’un des premiers magnats des affaires américains. Avec ses 500 chambres, ses nombreux restaurants et son bar somptueux, l’établissement s’imposait alors comme un véritable temple du luxe. C’est d’ailleurs là, selon la légende, que le barman Martini di Arma di Taggia aurait créé le célèbre cocktail qui porte aujourd’hui son nom.
Si la plupart des clients pénétraient dans le bar par la porte d’entrée principale, les initiés, eux, connaissaient une autre voie, plus discrète…
Au cœur des entrailles de Manhattan, dissimulée à l’extrémité du quai de la voie 1 de la ligne S du métro qui relie Grand Central à Times Square–42nd Street, une porte de service blanche se fond dans le décor. Située près de la sortie 42nd Street, elle passe inaperçue aux yeux de la plupart des voyageurs pressés.
Il faut lever les yeux pour le remarquer : une petite plaque en laiton, gravée « Knickerbocker ». L’indice est subtil, mais il dit tout : derrière cette porte anodine se cachait l’entrée VIP du bar, loin du tumulte de Times Square.
Si la porte est toujours visible aujourd’hui, le passage, lui, n’est plus accessible. Quant à l’hôtel Knickerbocker, fermé en 1920, il a rouvert ses portes sous son nom d’origine en 2015.
Enfoui sous la jungle dense du district de Củ Chi, ce réseau complexe de tunnels a joué un rôle clé durant la guerre du Vietnam. Ces passages souterrains servaient autrefois de voies de ravitaillement, de refuges et même de lieux de vie pour les troupes révolutionnaires communistes du Viêt-cong.
Véritables labyrinthes invisibles aux yeux de l’ennemi, ces tunnels permettaient aux résistants de se déplacer, de frapper, puis de disparaître, loin de la ligne de tir des forces américaines et sud-vietnamiennes. Ils formaient alors un maillage stratégique reliant Ho Chi Minh-Ville à de vastes régions du pays.
Au plus fort des bombardements, les soldats viêt-congs n’avaient souvent d’autre choix que de rester terrés pendant des jours. Les ressources, précieuses et limitées, devaient alors être rationnées avec soin. La vie sous terre était dure : la nourriture et l’eau se faisaient rares, tandis qu’insectes, rongeurs et maladies proliféraient.
Ces tunnels, aujourd’hui ouverts au public, témoignent des conditions extrêmes dans lesquelles vivaient les combattants.
Marie-Antoinette était réputée pour son goût du luxe, de l’opulence et des plaisirs raffinés, des excès qui, en partie, scelleront son destin tragique.
Au cœur du château de Versailles, ses appartements privés, richement ornés de dorures et de décors fastueux, incarnaient cette esthétique flamboyante. Conçus pour éblouir les visiteurs qu’elle recevait, ces espaces servaient aussi de cadre à des moments d’intimité rare, comme les accouchements royaux.
Mais lorsque la reine cherchait à s’éclipser du protocole et des regards, elle pouvait compter sur un refuge bien plus discret.
Discrètement encastrée dans le panneau tapissé du mur qui jouxte le lit de Marie-Antoinette, une porte presque invisible mène au véritable sanctuaire privé de la reine de France et de Navarre. Derrière ce passage secret se déploie un ensemble intime de pièces où elle pouvait s’éloigner des regards de la cour et même de son mari, en compagnie d’un cercle restreint de proches.
Parmi ces espaces se trouvent une bibliothèque, un boudoir et un salon, tous aussi richement décorés que la chambre principale. Lors de la marche du peuple sur Versailles en 1789, on pense que la reine fut découverte cachée avec ses enfants dans ces pièces secrètes.
Après une restauration minutieuse, les appartements secrets de Marie-Antoinette ont rouvert leurs portes au public à l’été 2023.
Véritable emblème de Gibraltar, ce gigantesque monolithe attire chaque année des milliers de visiteurs venus l’admirer. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est qu’on peut aussi pénétrer en son cœur, où s’étend un réseau de tunnels si vaste qu’il est souvent comparé à une véritable ville souterraine.
Creusées pendant la Seconde Guerre mondiale sur ordre de Winston Churchill, ces galeries répondaient à un impératif stratégique, alors que Gibraltar représentait un point de passage clé entre l’Europe occupée et la Méditerranée. Elles furent conçues pour stocker des ressources vitales et servir de refuge aux troupes britanniques en cas de siège.
Ces galeries souterraines furent creusées par quatre compagnies de tunneliers spécialisés appartenant au génie royal britannique et à l’armée canadienne.
À leur achèvement, ces bunkers ultrasecrets pouvaient abriter jusqu’à 16 000 soldats et disposaient de suffisamment de vivres, de matériel et de fournitures médicales pour résister à un siège de seize mois. Encore plus impressionnant : les tunnels comprenaient un central téléphonique, une centrale électrique, une usine de distillation d’eau, un hôpital, une boulangerie ainsi qu’un atelier pour l’entretien des véhicules.
Aujourd’hui, ces souterrains fascinants sont ouverts au public et figurent parmi les attractions les plus populaires de Gibraltar.
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